LE DARWINISME : UNE RELIGION DE SUPERSTITION

La théorie modifiée, mais toujours typiquement darwinienne, est devenue en soi une orthodoxie prêchée par ses adeptes avec une ferveur religieuse, et mise en doute, pensent-ils, seulement par quelques esprits brouillons, imparfaits sur le plan de la foi scientifique.

Marjorie Grene1

Comme il est énoncé dans notre introduction, la théorie de l'évolution est maintenant discréditée dans les milieux scientifiques. Depuis la première apparition de cette théorie, un grand nombre de découvertes scientifiques ont invalidé une à une ses affirmations. Le développement du microscope électronique, les nouvelles connaissances des lois génétiques, la découverte de la structure de l'ADN, la révélation de la complexité de chaque organisme vivant, ainsi que d'autres avancées modernes ont vaincu le darwinisme et continueront à s'y opposer. 2

Mais en dépit du fait que la science avance rapidement et qu'elle introduise continuellement de nouvelles choses dans notre vie, certains scientifiques à l'esprit ignorant, sectaire et conservateur continuent de défendre des théories développées au 19ème siècle, théories élaborées originellement dans le cadre d'une compréhension scientifique primitive, dont la naïveté et la superficialité amuseraient un enfant.

Alors qu'est-ce qui explique le fait que le darwinisme est toujours si populaire dans certains milieux scientifiques ? Il n'y a même pas une seule preuve scientifique concrète à disposition ; au contraire, il est clairement manifeste que chaque être vivant a été créé selon une conception parfaite et que rien n'apparaît par hasard, comme l'affirme la théorie de l'évolution. Comment se fait-il alors, que de nombreuses personnes continuent d'être les ardents défenseurs de cette théorie ?

La raison est la suivante : la théorie est plus une expression d'une certaine mentalité et croyance qu'une formulation scientifique. C'est une mentalité qui ne voit pas l'évolution comme une simple théorie dont la validité puisse être remise en question par des méthodes scientifiques, mais qui la voit comme une croyance qui doit être confirmée coûte que coûte. Parce que leur foi ne peut être confirmée par des faits scientifiques, les détenteurs de cette mentalité entretiennent un lien dogmatique avec leur théorie qui ne peut en aucun cas être influencée par les preuves scientifiques qui la réfutent. Aussi convaincantes que soient les preuves contre l'évolution, les évolutionnistes continuent de ne pas en tenir compte et ils défendent vigoureusement leur foi.

Pour les darwinistes, la théorie de l'évolution est plus qu'une proposition scientifique. Quand leur théorie fait l'objet de débat, les scientifiques évolutionnistes perdent aussitôt leur impartialité et leur objectivité scientifique. Ils sont si fortement attachés à leur théorie que les biologistes les plus distingués "préféreraient perdre leur main droite que de commencer une phrase par 'Si la théorie de l'évolution est exacte…'"3 Ils ne veulent même pas envisager la possibilité que la théorie de l'évolution soit fausse.

Les gens ne sont pas accoutumés à voir cette attitude parmi les scientifiques. Ils pensent généralement que les discours scientifiques sont indépendants des préjugés idéologiques et philosophiques des personnes et que les scientifiques sont des individus objectifs dont les faits sont confirmés par des preuves concrètes et leurs vérités prouvées par des expériences. C'est pourquoi ils doutent rarement de l'exactitude de la théorie de l'évolution.

Mais c'est une grande erreur, car lorsque les "scientifiques" évolutionnistes discutent de la théorie de l'évolution, les critères scientifiques ne sont pas pris en compte. Ces paroles de l'éminent Darwinien, Pierre Teilhard de Chardin, exposent la position de la "science" selon la perspective darwinienne :

Une théorie, un système, une hypothèse, l'Evolution ? Non point : mais bien plus que cela, une condition générale à laquelle doivent se plier et satisfaire désormais, pour être pensables et vrais, toutes les théories, toutes les hypothèses, tous les systèmes. Une lumière éclairant tous les faits, une courbure que doivent épouser tous les traits : voilà ce qu'est l'evolution. 4

Comme on le voit dans cette citation, les termes utilisés par les darwinistes lorsqu'ils parlent de leur théorie apportent de précieuses indications sur leur attitude dogmatique et leur loyauté aveugle. En prenant d'autres exemples, G.W Harper, l'un des évolutionnistes éminents au plan mondial, appelle la théorie de l'évolution une "croyance métaphysique";5 le remarquable biologiste évolutionniste d'Harvard, Ernst Mayr, l'appelle "la vision du monde de l'homme actuel";6 Sir Julian Huxley, probablement l'évolutionniste le plus important du 20ème siècle, voyait l'évolution comme "un processus universel imprégnant tout" et, en fait, comme rien de moins que "la réalité tout entière".7 Un grand généticien évolutionniste de notre époque, écrivant une nécrologie pour Theodosius Dobzhansky (qui était lui-même probablement l'un des plus grands évolutionnistes du temps, à sa mort en 1975), dit que la vision de l'évolution de Dobzhansky suivait celle de Chardin. Karl Popper, l'un des plus grands philosophes au monde, a énoncé que l'évolution n'est pas une théorie scientifique, mais un programme de recherche métaphysique.8 En suivant ces définitions, H. S Lipson est arrivé à la conclusion suivante :

En fait, l'évolution est devenue en un certain sens une religion scientifique ; presque tous les scientifiques l'ont acceptée et beaucoup d'entre eux "font plier" leurs observations pour qu'elles s' accordent avec elle. 9

Quand les experts susmentionnés discutent du darwinisme, il est intéressant de noter les mots et les expressions qu'ils utilisent. Ils ne font aucune référence à aucune preuve scientifique ou mathématique démontrée par l'expérience ou l'observation pour appuyer leurs affirmations. Ils proposent plutôt d'étranges descriptions, appelant l'évolution "la réalité tout entière", "un processus universel imprégnant tout", et "une lumière éclairant tous les faits".

Personne ne fait d'affirmations aussi dogmatiques, d'interprétations aussi métaphysiques ou de déductions si exagérées en parlant par exemple de la loi de la gravité, de la rotation du globe terrestre ou des lois de thermodynamique. Ce sont des faits scientifiques qui sont facilement acceptés, cependant, personne n'affirme de choses aussi excessives sur Newton, Einstein ou d'autres scientifiques. Personne n'appelle la loi de la gravité une "croyance convaincante", et personne ne dit des lois de la thermodynamique que "je préfèrerais perdre ma main droite que de commencer une phrase par 'si elles sont correctes…'".

Mais le style des évolutionnistes est complètement différent. D'après ce qu'ils disent, ces gens donnent l'impression qu'ils ont prêté le serment de protéger leur religion à tout prix. Ainsi, ils n'ont pas besoin de suivre de méthode scientifique ni d'employer de discours scientifique. Ils ne font aucune référence à la moindre expérience ou découverte, mais utilisent seulement des mots ayant des connotations métaphysiques. Si on examine ces mots, une image intéressante apparaît : "dogme évolutionniste !", "foi scientifique !", "une foi convaincante !", "la vision du monde de l'homme actuel !", "une méthode de dissémination !", "la réalité tout entière !", "une lumière éclairant tous les faits!", "une croyance métaphysique !", "un programme de recherche métaphysique !", "un chemin que tout système de pensée doit suivre !"…

Si l'on examine les écrits évolutionnistes en détails, on rencontre de nombreux autres exemples de la nature religieuse de cette croyance et on voit qu'elle s'intéresse à tous les phénomènes sociaux et psychologiques du point de vue de la théorie de l'évolution. L. C. Birch, biologiste de l'Université de Sydney, et P. R. Ehrlich, biologiste de l'Université de Stanford, décrivent le dogme évolutionniste en ces termes:

Notre théorie de l'évolution est devenue […] une théorie qui ne peut être réfutée par la moindre observation. On peut faire accorder toute observation concevable avec elle. L'observation se trouve ainsi "en marge de la science empirique", mais elle n'est pas nécessairement fausse. Personne ne peut imaginer des manières de la tester. Des idées sans fondement ou basées sur quelques expériences de laboratoire menées dans des systèmes extrêmement simplifiés se sont répandues avec une facilité qui dépasse de loin leur validité. Elles sont devenues parties intégrantes d'un dogme évolutionniste accepté par la plupart d'entre nous comme faisant partie de notre formation. 10

Les évolutionnistes modernes sont plus inflexibles que Darwin lui-même

La position dogmatique des évolutionnistes modernes est encore plus inflexible que celle de Darwin lui-même. Quand Darwin proposa sa théorie, il laissa la place à la possibilité qu'il eût pu faire erreur. Dans son livre L'origine des espèces, il commence souvent ses exposés par la formule "Si ma théorie est fondée". On peut voir dans ses recherches que Darwin acceptait certains critères scientifiques et qu'il proposait certains moyens de mettre sa théorie à l'épreuve. Par exemple, il écrit au sujet des fossiles :

Il a dû certainement exister, si ma théorie est fondée, d'innombrables variétés intermédiaires reliant intimement les unes aux autres les espèces d'un même groupe… On ne pourrait trouver la preuve de leur existence passée que dans les restes fossiles... 11

On n'a jamais trouvé les variétés intermédiaires innombrables mentionnées par Darwin, fait admis aujourd'hui par de nombreux paléontologistes évolutionnistes. Si l'on tient compte de la condition de Darwin, "si ma théorie est fondée", sa théorie doit être rejetée. S'il vivait aujourd'hui, peut-être Darwin abandonnerait-il sa théorie pour cette raison précise.

Mais les évolutionnistes modernes affichent une indifférence et un sectarisme extraordinaires à ce sujet. Dans un des magazines évolutionnistes les plus importants de Turquie, Bilim ve Utopya (Science et Utopie), un article du Dr. Umit Sayin est paru, lequel est reconnu comme l'expert national en matière d'évolution. Considérant les formes intermédiaires à propos desquelles Darwin disait "Si ma théorie est fondée […] les preuves de leur existence passée doivent se trouver uniquement parmi leurs restes fossilisés", le Dr Sayin écrit :

Le fait que l'Archæoptéryx était un dinosaure volant n'a que peu d'importance face à l'exactitude ou à la validité de la théorie de l'évolution. Même si on ne retrouve aucun fossile transitionnel, la théorie de l'évolution n'en sera pas affectée… Supposons que nous n'ayons encore retrouvé aucun fossile, cela montre que toutes les formes intermédiaires ont été perdues et dispersées dans la nature. Supposons que chaque fossile soit un canular ! Même cela n'affecte pas la théorie de l'évolution, car les fossiles, l'Archæoptéryx et les autres formes de transition ne sont nécessaires que pour expliquer le processus. 12

En d'autres termes, cet auteur dit que "même si l'on ne retrouve aucun vestige de fossiles, on doit garder notre foi en l'évolution". Bien que pour Darwin ce sujet fût un critère important pour valider sa théorie, le fait que cet auteur puisse le mettre de côté et maintenir sa foi en l'évolution, dans quel cas que ce soit, est intéressant. Cela prouve le fait que le darwinisme est une croyance dogmatique qui est indifférente aux critères scientifiques.

Une tyrannie intellectuelle

Les discours doucereux des évolutionnistes cités ci-dessus les placent à un rang imaginaire, au-dessus des adeptes de toutes les autres religions. Selon leur mode de pensée faussé, l'évolution est la seule "vérité objective", et les évolutionnistes, enhardis par cette illusion, appellent les autres religions à se soumettre à la compréhension évolutionniste. Si d'autres religions acceptent la doctrine de l'évolution et les théories qu'elle propose, elles seront autorisées à exister en tant que "doctrines morales". Une des personnes les plus réputées de l'école néo-darwiniste, George Gaylord Simpson, l'exprime de cette manière:

Bien sûr il y a des croyances actuelles, que l'on considère comme religieuses et qui engagent les adeptes dans des émotions religieuses, qui sont catégoriquement incompatibles avec la théorie de l'évolution et donc intenables intellectuellement malgré leur attrait émotionnel. Néanmoins, je considère maintenant comme évident, et sans appel, que la théorie de l'évolution et la vraie religion sont compatibles. 13

Cela signifie que la théorie de l'évolution et les doctrines "scientifiques" qui en émanent ont le droit de juger les autres religions. La religion tombe sous l'autorité de la théorie de l'évolution ; cette dernière décide quelles religions et quelles interprétations doivent être acceptées comme véridiques. Selon cette manière préconçue de penser, la religion ne peut être qu'une autorité d'enseignement dont le but est de définir les critères de l'activité morale humaine.

L'approche autoritaire qui conduit certains à imposer ce qu'ils croient aux autres est illustrée dans le Coran. Ce dernier cite un Pharaon de l'Egypte Antique:

… Je ne vous fais voir que ce que je vois et je ne vous guide que sur la voie de la raison. (Sourate Gafir, 29)

Il s'agit-là d'un mode de pensée commun aux évolutionnistes d'aujourd'hui. Leur approche ressemble fort à celle du Pharaon ; tout en imposant la théorie de l'évolution aux peuples, ils maintiennent les milieux scientifiques sous leur censure et sacralisent l'évolution. Ceux qui n'y croient pas sont rapidement exclus. Le célèbre professeur d'anatomie, le Dr. Thomas Dwight, appelle cet état de fait une "tyrannie intellectuelle" :

La tyrannie du climat intellectuel en matière d'évolution est écrasante à un point que n'imaginent même pas ceux qui sont étrangers à ce domaine. Non seulement elle influence notre mode de pensée (comme j'admets que ce fut le cas en ce qui me concerne) mais elle crée également une oppression digne de l'époque de la terreur. Ceci explique pourquoi si peu de leaders scientifiques osent dire la vérité concernant leur propre opinion. 14

En réalité, le dogme de l'évolution est une religion superstitieuse qui tient les peuples sous son emprise, mais ce n'est certainement pas une science. Si l'on étudie attentivement ce que disent les évolutionnistes dans leurs écrits, on peut aisément lire entre les lignes et percevoir qu'ils parlent d'une religion. Considéré sous cet aspect, ce que l'éminente historienne de la science, Marjorie Grene, a à dire à ce sujet n'est pas surprenant :

C'est en tant que religion de la science que le darwinisme s'imposait, et s'impose encore, à l'esprit des hommes. L'origine de la vie, de l'homme, des plus grands espoirs et réalisations de l'homme, trouvant sa source dans la détermination externe et indirecte de petites erreurs dues au hasard, apparaît comme la clé de voûte de l'univers naturaliste… La théorie modifiée, mais typiquement toujours darwinienne, est devenue une orthodoxie prêchée par ses adeptes avec une ferveur religieuse, et mise en doute, pensent-ils, seulement par quelques esprits brouillons imparfaits sur le plan de la foi scientifique.15

Ainsi, malgré la présence de tous ces éléments religieux dans les discours des darwinistes, ces derniers prétendent toujours proposer une théorie scientifique, et, faisant fi de l'absence de preuves scientifiques qui puissent étayer cette théorie, les gens sont amenés à l'accepter pour exacte. La raison de cette approche dogmatique ne peut être que d'éviter la vérité qu'ils trouveraient s'ils abandonnaient la théorie de l'évolution, la vérité étant que c'est Allah qui a créé l'univers et tous les êtres vivants. Cela ne peut être accepté par ceux qui comprennent le monde d'un point de vue matérialiste et athée.

C'est pourquoi il est très important que les individus doués de conscience et d'intelligence prennent conscience de l'influence dangereuse qu'exerce cette religion superstitieuse sur le monde et qu'ils prennent ensuite position en faveur de ce qui est juste et vrai. Le premier pas consiste à parvenir à une bonne compréhension des doctrines de cette religion païenne et irrationnelle. Ensuite, présenter la vérité de la création toutes preuves à l'appui réduira cette superstition à l'impuissance, comme l'énonce Allah dans le Coran :

Nous frappons plutôt violemment le faux avec le vrai qui lui brise le crâne et le voilà dissipé à jamais… (Sourate al-Anbiya, 18)


NOTES

1. Marjorie Grene, Encounter, Novembre 1959, p. 48
2. Particulièrement, Le mensonge de l’évolution : L'effondrement scientifique du darwinisme
3. et son arrière-plan idéologique, Editions Essalam, Paris, 2002 et Darwinism Refuted: How the Theory of Evolution Breaks Down in the Light of Modern Science, Goodword Books, New Delhi, 2003
4. "Darwin's Death in South Kensington", Nature, 26 février 1981, vol. 289, p. 735
5. Francisco Ayala, "Nothing in Biology Makes Sense Except in the Light of Evolution: Theodosius Dobzhansky, 1900-1975", Journal of Heredity, vol. 68, no. 3, 1977, p. 3
6. G.W. Harper, "Alternatives to Evolutionism", School Science Review, vol. 51, sept. 1979, p. 16
7. Ernst Mayr, "Evolution," Scientific American, vol. 239, Septembre 1978, p. 47
8. Julian Huxley, "Evolution and Genetics", Ch. 8 dans What is Science?, pp. 272 et 278
9. The Philosophy of Karl Popper, vol. 1, pp. 143 et 183
10. The Long War Against God, p. 127
11. L.C. Birch et P.R. Ehrlich, Nature, vol. 214, 1967, p. 369
12. Charles Darwin, L’origine des espèces, GF Flammarion, Paris, 1992, p. 231
13. Umit Sayin, "Uçtu Uçtu Dinozor Uçtu", Bilim ve Utopya, Novembre 1998
14. Darwin on Trial, p. 128
15. Why Be An Ape.?, www.picknowl.com.au/ homepages/rlister/sermons/ape/ape.htm