LA CRUAUTE ET LE DESORDRE DES SOCIETES MECREANTES

"Quand ceux qui ont mécrus eurent mis dans leurs cœurs la fureur, [la] fureur de l'ignorance… Puis Allah fit descendre Sa quiétude sur Son Messager ainsi que sur les croyants, et les obligea à une parole de piété, dont ils étaient les plus dignes et les plus proches. Allah est Omniscient." (Sourate 48, "al-Fath", La victoire éclatante, v. 26)

Nous l'avons mentionné dans les précédents chapitres; aux quatre coins du monde, au Kosovo, au Cachemire, en Palestine, en Tchétchénie, etc. les musulmans sont victimes d'une constante cruauté et d'incessants conflits. Il serait faux de penser que ces conflits n'ont pas de liens communs. De plus, il serait simpliste d'attribuer ces affrontements aux traits politiques et géographiques des pays. Toutes les guerres et toute la violence, quel que soit l'endroit ou l'époque, indiquent l'existence sous-jacente d'intérêts particuliers. Tous les musulmans doivent être conscients et considérer ces catastrophes dans leur globalité. Sinon, ils risquent de ne les considérer que comme des accidents passagers qui ne nécessitent pas la recherche de solutions. Dans un hadith, le Messager de Dieu, le Prophète Mouhammad compara l'oppression "aux ténèbres le Jour de la résurrection".19

Le 20ème siècle a été particulièrement marqué par la brutalité. Parmi les mouvements qui ont soutenu les guerres, le communisme a été le principal à défendre la philosophie matérialiste et à réfuter entièrement la religion, les valeurs morales et la famille. L'histoire des pays communistes fournit suffisamment de preuves de l'échec de cette idéologie. Un simple rappel de l'histoire de la Russie, pays aujourd'hui encore communiste, permet d'avoir une vision plus claire de ce système.

Les traces historiques d'un système basé sur l'athéisme: le communisme

Marx et Engels, les fondateurs du matérialisme dialectique et les mentors du communisme étaient tous les deux des athées dévoués. Convaincus que toutes les améliorations étaient possibles grâce à un conflit, ils pensaient atteindre leurs objectifs à travers une simple révolution communiste. La première étape de cette révolution consistait à éliminer la religion, pour laquelle ils nourrissaient une profonde aversion. Selon eux, le mouvement communiste ne pouvait être mis en route qu'une fois la foi et l'obstacle religieux éliminés. Marx ne put mettre en pratique son idéologie, c'est Lénine qui après sa mort lança la révolution.

Il prit le pouvoir à la suite d'une guerre civile dans laquelle s'affrontèrent les militants communistes et le reste des armées aristocratiques. Tous ceux qui s'opposèrent à lui ou au régime communiste furent exécutés. La guerre civile dura trois ans et dévasta complètement la Russie. Au terme de cette sanglante guerre, Lénine fonda la première dictature totalitaire au monde.

À l'époque de Lénine, la Russie n'était plus qu'un champ de ruines, en particulier sur le plan économique. Les impôts supplémentaires qui étaient imposés ne faisaient qu'appauvrir davantage les plus pauvres. La famine et la misère augmentaient constamment. Sa politique imposait la nationalisation extensive des entreprises, le rationnement de la nourriture et le contrôle de l'industrie. Personne ne pouvait prendre le risque de contester ses décisions, étant donné le sort qui était réservé à tous ceux qui osaient le faire.

Pendant son règne et jusqu'à sa mort en 1924, la politique que Lénine appliqua lui valut la haine du peuple et même celle de ses plus proches collaborateurs. Staline, le pire dictateur sanguinaire qu'on puisse connaître lui succéda à la tête du parti communiste.

Les 25 années de dictature de Staline révélèrent une fois de plus la nature totalement cruelle du système communiste. Il ne semblait pas y avoir de fin aux meurtres, aux massacres et à la torture. Son "projet communiste" s'apparentait à une expérience douloureuse pour le peuple: des millions de personnes souffraient de la faim et de la misère, les villageois étaient forcés de travailler les champs et l'oppression qui se déclinait sous toutes ses formes atteignit des degrés inégalés. Par ailleurs, tout culte religieux était interdit.

Staline confisqua les terres des paysans qui représentaient alors 80% de la population russe. Dans le cadre de la politique de nationalisation, des officiers collectaient les récoltes et laissaient dans la famine des millions de femmes, d'enfants et de personnes âgées. Au Kazakhstan, 20% de la population mourut de faim. Dans le Caucase, les pertes humaines s'élevèrent à plus d'un million d'individus.

Les milliers de personnes qui tentèrent de résister à cette politique furent internés dans les camps de travail en Sibérie. Peu de captifs en ressortirent vivants. Des milliers de personnes furent exécutées par la police secrète. L'émigration forcée faisait partie de la politique stalinienne, déplaçant ainsi des millions de russes de leurs foyers vers des parties les plus reculées de la Russie.

Staline a été responsable d'au moins vingt millions de morts en Russie. D'après les récits d'historiens, Staline tirait un certain plaisir à utiliser une telle cruauté et se délectait dans son bureau au Kremlin à la lecture des rapports concernant les morts recensés dans les camps de travail.

La répression à l'époque de Staline n'était pas seulement dirigée contre ceux qui exprimaient leur opposition au régime ou envers les intellectuels. Tout le monde était menacé d'attaques de militants communistes. Sans discrimination, quiconque pouvait être interné dans les goulags et les camps de travail, où la plupart des prisonniers étaient exécutés. Staline s'assura un pouvoir absolu en terrorisant le peuple. Le bilan de ces 25 années de dictature ne fut qu'un peuple détruit.

La Russie est un exemple d'une société mécréante, au sein de laquelle une vie heureuse et comblée est peu probable. En raison de son essence même, l'athéisme incite les hommes à commettre toutes sortes de crimes pour assurer leurs bénéfices personnels. La société russe actuelle témoigne des effets destructeurs du système anti-religieux qu'elle a subits pendant des décennies. La dégénérescence morale des hommes est l'héritage de ce système. Afin de renverser la tendance, il faut enseigner les valeurs de l'islam au plus grand nombre et aider ce peuple à retrouver des valeurs spirituelles.

L'oppression constante dans la Chine de Mao

Le projet de révolution communiste de Staline fit vingt millions de victimes en Russie et la Chine s'inspira du régime communiste sanguinaire russe.

En 1949, sous le commandement de Mao Tsé-toung, les communistes prirent possession du pouvoir en Chine après une guerre civile. Tout comme son proche allié Staline, entre 1949 et 1976, Mao établit un régime répressif et sanguinaire. D'innombrables exécutions politiques eurent lieu dans ce pays. L'armée était composée de troupes communistes formées d'hommes et de femmes. En l'espace de quelques mois, ces jeunes militants, appelés par Mao "Gardes Rouges", semèrent la terreur dans le pays.

La situation économique s'effrita en Chine comme en Russie, au nom des principes de "changement socialiste et d'égalité de droits". Le scénario russe se répéta en Chine. Les Chinois furent privés de leurs droits, de leurs propriétés, de leurs champs, de leurs animaux, de leurs cultures. Les nationalisations étaient présentées comme une condition préalable au changement socialiste. À l'origine, le régime communiste était sensé être un refuge et un sauveur pour le peuple.

La justice sociale était efficace à enrichir les personnages d'État tandis que le peuple dont les droits étaient supposés être protégés mourrait de faim. Avec l'alourdissement des problèmes économiques, les réformes se faisaient pressantes. Pourtant, chaque réforme augmentait la misère et le désordre social du pays. Chaque échec économique coûtait des milliers, voire des millions de vies. Dans ce vaste pays, Mao commandita un vaste génocide de son propre peuple et en particulier des minorités.

La hiérarchie du parti communiste et son dictateur (qui détenait les pleins pouvoirs) fermèrent la Chine à toutes les influences extérieures. La presse et les médias étaient maintenus sous strict contrôle. Toute critique ou protestation contre les décisions politiques étaient sanctionnées par une exécution. Les écrivains, les artistes et les scientifiques qui avaient travaillé dans les domaines de la culture, de l'histoire et des langues des minorités furent sommairement exécutés par le régime. Aujourd'hui encore, il est impossible d'obtenir des informations réelles sur les événements qui eurent lieu dans la Chine rouge, en autre sur le sort réservés aux turcs ouïgours.

L'élimination des croyances religieuses est le principal objectif de tout régime communiste. Pour se faire, une politique systématique de répression et de propagande est mise en place. Les croyances religieuses sont remplacées par les philosophies des leaders idolâtres. C'est effectivement ce qui se produisit en Chine, l'un des principaux pays anti-islamiques en Asie. Pendant la dictature de Mao, les dirigeants chinois interdirent tout culte religieux. Les imams furent torturés et les mosquées fermées. Dans la mesure où la religion était le principal obstacle au système matérialiste, c'était un sujet banni des discussions.

Les Chinois étaient constamment endoctrinés sur l'infaillibilité et la supériorité du leader totalitaire. Dans les écoles, l'étude du "Livre Rouge", dans lequel Mao expose en détail son étrange philosophie, faisait partie du cursus. On inculquait aux jeunes enfants et aux adolescents les éléments de la philosophie matérialiste, notamment l'obstacle que Dieu représente dans le développement humain. On encourageait à tuer insensiblement tout ce qui faisait barrage au développement communiste, même sa propre mère.

La notion de famille ne servait pas les intérêts de l'idéologie communiste, c'est pourquoi des millions de familles furent brisées. Leurs membres furent séparés, les enfants furent placés dans des orphelinats et les familles ne pouvaient se réunir qu'une fois par an.

Ces questions sont d'importance dans la mesure où le communisme existe aujourd'hui encore. L'avenir des pays où le communisme subsiste ne diffère pas de celui de la Russie ou de la Chine. Sensibiliser les individus à la religion est la seule manière de parer à ce système dépourvu d'humanité. Les incrédules qui ne sont pas sensibles à la religion et à ses valeurs peuvent être endoctrinés par le communisme. C'est justement pour cette raison que les matérialistes identifient dans la religion la force la plus efficace contre eux. Le fait de dissocier la religion de la bigoterie et d'expliquer les dégâts du communisme sert de précaution à ceux qui peuvent protéger une nation d'un tel désastre.

Le régime communiste a trompé les individus en se présentant comme la "seule voie du vrai salut". Pour parvenir à ses fins, il infligea une torture inhumaine à des millions de personnes. Amnesty International continue à faire état des traitements brutaux que subissent les communautés ethniques et particulièrement les minorités musulmanes en Chine. Les prisonniers n'ont pas le droit de se défendre et sont obligés de garder constamment la tête baissée. Les musulmans sont punis par des méthodes inhumaines et cruelles.

Les historiens avancent aujourd'hui que le communisme a tué entre quatre-vingt et cent millions de personnes dans ce pays.

Les préjudices sur les personnes des systèmes politiques antireligieux

1. Les régimes totalitaires oppriment les individus en les privant de leur liberté et de leurs droits fondamentaux La société est alors régie non pas par les valeurs morales mais par les intérêts des groupes dominants. Toute activité ne servant pas les intérêts de ces groupes est réprouvée par le système.

2. L'endoctrinement fait croire aux individus que le dictateur est infaillible et que ses décisions sont pertinentes. Dans tous les régimes anti-religieux (fascisme et communisme), le culte de la personnalité du leader est commun.

3. La libre pensée et la religion étaient entièrement étouffées. L'accès aux mosquées, églises et synagogues était interdit. Un budget particulier était consacré à la lutte contre la religion.20

4. L'État contrôlait complètement l'économie par voie de nationalisation massive des usines, des moyens de production, des outils de fabrication et des banques. L'investissement privé n'existait pas.

5. Les soldats communistes confisquaient les biens immobiliers privés, les champs et les récoltes des paysans dans "l'intérêt du pays".

6. En réalité, la population n'avait jamais été plus pauvre et plus affamée que sous le régime communiste. Les heures d'attente pour acheter du pain faisaient partie de son quotidien.

7. Les personnes étaient internées dans les camps de travail et exécutées en masse. Les survivants étaient employés de force à des tâches difficiles. Ceux qui ne pouvaient s'adapter à ces conditions de travail étaient exilés en Sibérie.

8. Les rébellions étaient écrasées dans des bains de sang par les militants communistes. Les rebelles étaient exécutés aux yeux de tous.

9. Les dirigeants politiques jouissaient d'une vie luxueuse en totale opposition avec la misère populaire. Les salaires des membres du parti communiste s'élevaient de 25 à 100 mille roubles quand la majorité de la population ne gagnait que 150 roubles. Par ailleurs, les membres du parti communiste jouissaient de privilèges auxquels la population, nerf de l'économie, n'avait pas accès: les belles maisons, les voitures, les soins.

10. Les forces de police terrorisaient la population qui vivait constamment sous la menace. Le Parti Communiste fit sombrer le pays dans des cycles interminables de conflits, d'émeutes et de désordre.

11. Le système totalitaire avait également la mainmise sur les écoles. Selon Lénine, l'éducation ne devait pas être isolée de la politique. Dans son élocution au Premier Congrès sur l'Éducation Soviétique le 25 août 1918, il affirma que l'objectif principal de l'éducation était d'éliminer la bourgeoisie. Il déclara explicitement qu'éducation et politique ne pouvaient être dissociées. Prétendre le contraire n'était que mensonge et hypocrisie.22 L'objectif de l'éducation est d'élever des générations d'individus infidèles et faibles moralement afin qu'ils servent les intérêts du communisme. L'endoctrinement permit au système de générer des militants au lieu de faire naître des générations sensibles.

12. La famille n'avait pas sa place dans le communisme. Considérée comme contraire aux "intérêts de l'État", les familles étaient systématiquement décomposées. Les bébés étaient séparés de leur famille et élevés dans des orphelinats. Dans les réunions du Parti Communiste, des opinions telles que "la révolution est condamnée à rester faible aussi longtemps que les liens et la notion de famille existent" se faisaient entendre.23

13. L'art et la science ne pouvaient se développer convenablement sous le régime communiste puisque la majeure partie des ressources était consacrée à l'armement, qui était d'ailleurs utilisé contre la population.

14. Sans espoir, ni objectif, les jeunes étaient acculés à l'alcoolisme, la drogue ou au suicide.

15. La publication et la diffusion d'informations n'étaient autorisées que dans la mesure où elles louaient le système et son leader. Dans le cas contraire, elles étaient passées sous silence.


NOTES

19. Sahîh Mouslim, Livre 32, no. 6248
20. Ali Bulaç, Çagdas Kavramlar ve Düzenler (Concepts et ordres contemporains), p. 108
22. Alija Ali Izetbegovic, Islam BetweenEast and West, p. 102
23. Ali Bulac, Çagdas Kavramlar ve Düzenler (Concepts et ordres contemporains), p. 114