LA RELIGION NOUS IMPOSE DE PROTEGER LES NECESSITEUX ET LES ORPHELINS


"Et que les détenteurs de richesse et d'aisance parmi vous, ne jurent pas de ne plus faire des dons aux proches, aux pauvres, et à ceux qui émigrent dans le sentier d'Allah. Qu'ils pardonnent et absolvent. N'aimez-vous pas qu'Allah vous pardonne? et Allah est Pardonneur et Miséricordieux!" (Sourate 24, "an-Noûr", La lumière, v. 22)

Aujourd'hui, le phénomène de la pauvreté n'est plus réservé à certains pays. Le monde entier est rempli d'enfants sans abris qui essaient de gagner leur vie dans la rue en ramassant les ordures ou en effectuant des travaux dangereux au péril de leur vie. À cause de la malnutrition et des problèmes liés à la pauvreté, le taux de mortalité infantile reste élevé à travers le monde. Les statistiques sur la pauvreté et les enfants abandonnés attestent de la gravité de la situation.

En 1982, l'UNESCO dénombrait 200.000 enfants dans les rues d'Istanbul, 10.000 à Bogota et deux millions à Rio de Janeiro. En Afrique, le chiffre est estimé à cinq millions et il augmente constamment en raison des guerres civiles, des pénuries, du SIDA et de l'exode rural. Dans le monde, 30 à 70 millions d'enfants dorment dehors.5

Aux États-Unis, le niveau de dénuement chez les jeunes enfants a augmenté dans une proportion alarmante. Entre 1979 et 1994, aux États-Unis, le nombre d'enfants âgés de moins de six ans qui vivaient dans la misère est passé de 3,5 millions d'invidus à 6,1 millions. En 1994, presque la moitié de l'ensemble des enfants âgés de moins de six ans vivait dans des familles pauvres ou quasiment pauvres. En plus de 6,1 millions de jeunes enfants qui vivaient dans la misère, presque 4,8 millions d'autres jeunes enfants vivaient également dans une situation de quasi pauvreté.6

Ces données statistiques montrent que les pays développés ne sont pas à l'abri de la pauvreté. Le chômage et l'inefficacité des systèmes de sécurité sociale sont principalement responsables de cette pauvreté.

Or, le Coran et la Sounna nous commandent de protéger les pauvres et les nécessiteux. De nombreux hadith du Messager de Dieu, le Prophète Mouhammad (pbsl) enjoignent les croyants à le faire. L'un d'eux s'adresse à nous de la sorte:

Aimez les pauvres et soyez près d'eux. Si vous les aimez, Dieu vous aimera. Si vous prenez soin d'eux, Dieu prendra soin de vous. Si vous les habillez, Dieu vous habillera. Si vous les nourrissez, Dieu vous nourrira. Dieu sera généreux si vous êtes généreux.7

Dans les ex-pays socialistes, la pauvreté se traduit différemment. Le niveau de vie de pratiquement toute la population est bas, ce qui se répercute sur l'ensemble du pays. Les infrastructures urbaines et les systèmes de sécurité sociale sont inadaptés. Quand bien même la population dispose d'argent, la nourriture est rare et la pénurie est tangible sur les marchés.

Il est possible de lister les raisons de cette pauvreté, mais il serait plus utile de discuter de l'impact de la pauvreté sur la société et des moyens de l'éradiquer. Les chapitres suivants traiteront des problèmes relatifs à la pauvreté en sous catégories.

Les effets destructeurs de la pauvreté sur la société

Il n'y a pas de doute que ce sont les enfants qui souffrent le plus des conséquences de la pauvreté. Le système éducatif rejette les enfants pauvres et sans domicile car ils n'ont pas de quoi justifier de leur adresse, de leur age ni de leurs vaccins. Ils ne mangent pas à leur faim. Ils sont contraints de travailler dans des conditions pénibles. Parfois même, il arrive qu'ils soient vendus par leurs parents comme esclaves.

La plupart sont payés une misère et essaient de subsister dans les environnements les plus insalubres; ce qui peut s'avérer mortels dans certains cas. La population indienne compte 940 millions d'individus, dont 44 à 100 millions de petits travailleurs, soit l'équivalent de la totalité des enfants qui travaillent dans le reste du monde. Le Pakistan, qui compte 120 millions d'habitants dénombre environ 8 millions d'enfants travailleurs.8 Le triste sort des enfants pauvres n'est pas différent dans le reste du monde.

Nous sommes tous conscients des conditions de travail difficiles des enfants. Malgré cela, leurs pays se soucient plus de la compétitivité économique que ces enfants permettent d'atteindre que de la consolidation du développement par des services sociaux et des systèmes d'éducation. Leurs débats se concentrent sur la croissance de leur compétitivité et non sur le sort de ces enfants.9

Des pays comme l'Inde ou le Pakistan allouent une grosse partie de leur budget au poste de la défense, alors que les réformes se font pressantes dans les domaines de l'éducation, de la santé et de l'industrie. Le Pakistan consacre 60% de son budget aux dépenses d'armements et de défense. L'état de pauvreté de la population pakistanaise ne modifie en rien l'organisation des dépenses. Pour leur part, les États-Unis consacrent 35 milliards de dollars par an à l'armement nucléaire. Depuis 1946, année où les programmes liés à la bombe nucléaire furent initiés et jusqu'en 1996, environ 5,5 billions de dollars ont été dépensés.10

L'argent de la défense et de l'armement permettrait de soulager les problèmes des peuples touchés par la pauvreté. La vie de millions d'enfants ne signifie rien face aux enjeux politiques et aux calculs d'intérêts.

bien y réfléchir, les dépenses de défense sont inévitables étant donné les conflits, le chaos, les outrages et les violences. Le système de défense permet au pays de s'affirmer dans ce monde conflictuel.

Toujours est-il que la misère persiste. Les discours sans fin sont inutiles tout autant que le fait de se voiler la face devant les mendiants en les évitant. La coordination de programmes réguliers en matière d'éducation, de santé, de besoins basiques (alimentation, foyer, habillement) pour les pauvres est essentielle.

Cela n'est toutefois possible que par le développement de la sensibilité à laquelle le Coran appelle. Ses valeurs invitent à la paix et au respect des droits d'autrui. Par conséquent, il faut limiter les ressources consacrées à la défense et investir cet argent dans le bien-être, la paix et l'éducation publique.

Assurément, la défense n'est qu'un poste parmi d'autres dans lesquels on pourrait effectuer des coupes. L'essentiel est de comprendre que la solution réside dans les valeurs du Coran et dans celles de la Sounna. L'individu conscient de ces valeurs sera à même de donner sa part de nourriture au nécessiteux et à l'orphelin, quand lui-même est affamé. Il ne sera pas de ceux qui offrent aux autres ce que lui-même n'aime pas et il n'exigera rien en retour de ce qu'il donne. Dieu explique dans la sourate an-Noûr comment les personnes aisées devraient se comporter:

"Et que les détenteurs de richesse et d'aisance parmi vous ne jurent pas de ne plus faire des dons aux proches, aux pauvres, et à ceux qui émigrent dans le sentier d'Allah. Qu'ils pardonnent et absolvent! N'aimez-vous pas qu'Allah vous pardonne? Et Allah est Pardonneur et Miséricordieux!" (Sourate 24, "an-Noûr", La lumière, v. 22)

Dans Ses sourates, Dieu explique le comportement que les riches doivent adopter vis-à-vis des pauvres. Dieu nous rappelle qu'une partie des biens des riches appartient aux pauvres. Il déclare également que certains n'affichent pas leur pauvreté et Il exhorte à la protection de leurs droits:

"Et dans leurs biens, il y avait un droit au mendiant et au déshérité." (Sourate 51, "adh-Dhâriyât", Les ouragans, v. 19)

"Aux nécessiteux qui se sont confinés dans le sentier d'Allah, ne pouvant pas parcourir le monde, et que l'ignorant croit riches parce qu'ils ont honte de mendier. Tu les reconnaîtras à leur aspect. Ils n'importunent personne en mendiant. Et tout ce que vous dépensez de vos biens, Allah le sait parfaitement." (Sourate 2, "al-Baqara", La vache, v. 273)

La souffrance de ceux qui sont forcés à émigrer

La pauvreté force les individus à chercher un sort meilleur ailleurs. L'espoir d'une opportunité d'embauche ou d'un meilleur niveau de vie, les luttes ou les pénuries provoquent des déplacements de population et de sérieux conflits entre les pays.

À l'origine, le flux des réfugiés du Tiers Monde avait été favorisé par les pays d'accueil. Il entrait en effet dans le cadre de traités internationaux et fournissait une main d'œuvre bon marché aux pays occidentaux. Ces réfugiés acceptaient de travailler pour de bas salaires et dans des conditions très pénibles. Pendant longtemps, ils contribuèrent au développement économique de leurs pays d'accueil; mais aujourd'hui, une fois la stabilité et le bien-être économiques atteints, ces travailleurs immigrés ne sont plus utiles et la préférence est donnée aux citoyens locaux. C'est exactement ce qui se produisit quand après des années de service, des travailleurs immigrés ont été expulsés de Malaisie et ont dû retourner dans leurs pays d'origine.

Les migrations ne sont pas seulement motivées par la recherche de meilleures conditions de vie. La misère qui naît de la guerre déracine des populations. À la vue de la situation critique des peuples qui fuient la guerre, quelques pays acceptent encore des réfugiés de guerre. Mais la majorité est éconduite, malgré ce que cela leur a coûté d'efforts.

En mars 1998, la fuite de 300.000 réfugiés kosovars malgré l'hiver glacial a pratiquement vidé les villes du Kosovo.

En novembre 1990, les Tchétchènes fuirent à pied les attaques russes vers les pays voisins; ils furent soumis à un contrôle strict aux frontières et rencontrèrent l'hostilité dans ces pays. Beaucoup moururent de froid avant d'atteindre la terre turque.

En Afrique, les guerres tribales sont responsables du déplacement de dizaines de milliers d'individus. Au Zaïre, en raison du conflit entre Hutus et Tutsis, la population chercha en vain asile auprès des pays frontaliers afin de fuir la faim et les épidémies. (Voir les détails dans le chapitre "Le Racisme")

Les valeurs du Coran et de la Sounna édifient une structure sociale complètement différente dans la mesure où elle protège les droits des pauvres et des exilés. Tous les moyens sont employés pour améliorer leurs conditions et alléger leurs souffrances. C'est pourquoi les croyants n'hésitent pas à faire des sacrifices. À l'époque du Prophète Mouhammad (pbsl) ces valeurs étaient particulièrement apparentes dans l'attitude des musulmans envers ceux qui avaient dû quitter leurs foyers pour la cause de Dieu:

"Ceux qui, avant eux, se sont installés dans le pays et dans la foi aiment ceux qui émigrent vers eux, et ne ressentent dans leurs cœurs aucune envie pour ce que ces immigrés ont reçu et les préfèrent à eux-mêmes, même s'il y a pénurie chez eux. Quiconque se prémunit contre sa propre avarice, ceux-là sont ceux qui réussissent." (Sourate 59, "al-Hachr", Le grand rassemblement, v. 9)

"Aux émigrés besogneux qui ont été expulsés de leurs demeures et de leurs biens, tandis qu'ils cherchaient une grâce et un agrément d'Allah et qu'ils soutenaient la cause d'Allah et de son Messager. Ceux-là sont les véridiques." (Sourate 59, "al-Hashr", Le grand rassemblement, v. 8)

Ces versets montrent que nous sommes bien loin aujourd'hui de ces valeurs. Dans le Coran, tout appel à l'aide est entendu avec générosité et bienveillance. C'est avec la meilleure volonté que le croyant aide celui qui le sollicite. En plus de cette injonction à aider les nécessiteux, le Coran exige que le pourvoyeur ne fasse pas preuve de faiblesse morale en se vantant de ses accomplissements ou en exprimant à son tour ses propres besoins. Ces valeurs morales contribuent à solutionner ces problèmes.


NOTES

5. http://www.uia.org/uiademo/pro/ d5980.htm
6. The National Center for Children in Poverty, http://www.nccp.org/media/ oif96-text.pdf, One in Four: America's Youngest Poor
7. Ramuz al-Hadith, vol 1, p. 17, Salmân al-Farisi (ra)
8. Time, 15 avril 1996, pp. 36-39
9. Time, 15 avril 1996, pp. 36-39
10. Nando Times, 1 juillet 1998