LES GUERRES DANS LE MONDE

"Ô les croyants! Entrez en plein dans l'islam, et ne suivez point les pas du diable, car il est certes pour vous un ennemi déclaré." (Sourate 2, "al-Baqara", La vache, v. 208)

Le 20ème siècle, comme aucun autre siècle auparavant fut ensanglanté par les guerres, les génocides et les conflits. Le nombre de morts, de blessés, d'exilés, de mutilés, d'infirmes et de déplacés se chiffre par dizaines de millions. La naissance et la disparition d'états eurent de lourdes répercussions historiques. Les deux guerres mondiales entraînèrent une mobilisation internationale. À elle seule première guerre mondiale fit neuf millions de victimes et plus de vingt millions de blessés. On dénombra au moins 55 millions de morts durant la seconde guerre mondiale.

La réalité est que les victimes les plus durement touchées ne sont pas les combattants eux-mêmes mais les millions de civils, femmes, enfants, personnes âgées qui sont massacrés dans ces conflits. Au fur et à mesure des évènements, l'utilisation du terme de génocide est devenue courante. Le Vietnam, la Palestine, le Cachemire, le Rwanda, la Bosnie et la Tchétchénie ont tous été touchés par la guerre, chacun avec son lot de vies humaines sacrifiées. Des dizaines de milliers de personnes furent exilées et torturées.

L'épisode de Pharaon relaté dans le Coran peut s'apparenter aux évènements actuels. Les massacres qui avaient lieu à l'époque de Pharaon ciblaient toujours les pauvres, les démunis et les sans-protection:

"Pharaon était hautain sur terre; il répartit en clans ses habitants, afin d'abuser de la faiblesse de l'un d'eux: il égorgeait leurs fils et laissait vivantes leurs femmes. Il était vraiment parmi les fauteurs de désordre." (Sourate 28, "al-Qasas", Le récit, v. 4)

"Rappelle-toi quand Moïse dit à son peuple: 'Rappelez-vous le bienfait d'Allah sur vous quand Il vous sauva des gens de Pharaon qui vous infligeaient le pire châtiment. Ils massacraient vos fils et laissaient en vie vos filles. Il y a là une dure épreuve de la part de votre Seigneur.' Et lorsque votre Seigneur proclama: 'Si vous êtes reconnaissants, très certainement J'augmenterai Mes bienfaits pour vous. Mais si vous êtes ingrats, Mon châtiment sera terrible'." (Sourate 14, "Ibrâhîm", Abraham, v. 6-7)

De nos jours, la couverture médiatique des meurtres de masse montre explicitement à quel point leurs auteurs sont privés de toute humanité. Ils sont complètement dépourvus de sensibilité morale et de sentiment humain, et ne savent même pas pourquoi ils tuent.

Il en va de même pour les guerres. Les têtes pensantes des états sèment les graines de discorde et planifient les guerres dans le sens de leurs intérêts particuliers, alors que les pauvres soldats n'ont pas toujours idée des enjeux pour lesquels ils luttent.

Ces individus deviennent cruels, au point de perpétrer d'atroces massacres à cause des idéologies que leurs leaders s'efforcent de justifier. Dans un système où l'être humain s'apparente à l'animal, la torture, le tourment et la violence trouvent leur place puisque plus aucune valeur n'a de sens. À partir de ce constat, on peut comparer certains leaders politiques contemporains - ceux qui en particulier veulent détenir le pouvoir sur terre et qui sont les forces motrices de la violence de nos jours - à Pharaon et à ses troupes. Voici le sort que Dieu leur réserve:

"Nous fîmes d'eux des dirigeants qui appellent les gens au Feu. Et au Jour de la résurrection, ils ne seront pas secourus. Nous les fîmes suivre, dans cette vie ici-bas d'une malédiction. Et au Jour de la résurrection, ils seront parmi les honnis." (Sourate 28, "al-Qasas", Le récit, v. 41-42)

Les racines de la violence

Comment un individu peut-il tuer un être humain sans être consumé par le sentiment de culpabilité? La pensée matérialiste qui a eu un fort impact aux 19ème et 20ème siècles apporte des éléments de réponse.

La philosophie matérialiste maintient qu'il n'existe rien en dehors de la matière. Celle-ci existe depuis toujours et demeurera éternellement. Fondé sur cette hypothèse, le matérialisme nie l'existence de Dieu ainsi que les valeurs inhérentes à la vie spirituelle et à la morale. Ce raisonnement déformé prétend que l'homme existe pour survivre et qu'il n'a aucune responsabilité envers qui que ce soit. C'est pourquoi les matérialistes disent que l'homme ne doit défendre que ses propres intérêts.

La théorie de l'évolution défendue par les philosophes matérialistes est le pilier de cette compréhension déformée. À l'époque où la théorie de l'évolution fut présentée pour la première fois, elle soutenait le point de vue matérialiste. Cela lui permit de justifier les meurtres de masse et les massacres. Au travers du concept de "sélection naturelle", Darwin suggère que les faibles sont toujours éliminés et seuls les forts survivent. Le concept de "darwinisme social" fut repris par les capitalistes racistes dans le capitalisme du 19ème siècle. D'après ce concept, les faibles, les démunis et les impotents et même des races entières représentent des créatures dont le stade d'évolution est tel qu'ils ne peuvent que servir les intérêts des plus forts.

L'approche matérialiste n'accorde aucune importance à la valeur de la vie humaine, c'est pourquoi elle place les ambitions personnelles au-dessus de la vie du faible. Les individus qui qualifient la matière de parfaite d'une part et nient l'existence de l'esprit d'autre part sont capables de tout. En revanche, le Coran attache une importance primordiale à la vie humaine. Un verset stipule que tuer une personne revient à tuer l'humanité entière:

"C'est pourquoi Nous avons prescrit pour les Enfants d'Israël que quiconque tuerait une personne non coupable d'un meurtre ou d'une corruption sur la terre, c'est comme s'il avait tué tous les hommes. Et quiconque lui fait don de la vie, c'est comme s'il faisait don de la vie à tous les hommes. En effet, Nos Messagers sont venus à eux avec les preuves. Et puis, voilà, qu'en dépit de cela, beaucoup d'entre eux se mettent à commettre des excès sur la terre." (Sourate 5, "al-Mâ'ida", La table servie, v. 32)

Dans une société qui croit aux commandements de Dieu, on ne tue pas, on n'exile pas, on ne torture pas, on n'emprisonne pas, on ne maltraite pas. Le Coran ordonne de traiter les hommes avec justice et correction. Il appelle à s'écarter de la violence, de la cruauté, de l'avidité et à ne jamais dépasser les limites fixées. Afin de dénoncer la violence et l'injustice pratiquées sur terre, nous devons assurer notre devoir d'information sur Dieu, sur le Jour du jugement, sur les valeurs du Coran et celles de la Sounna. Ceux qui n'assument pas cette responsabilité ou l'ignorent simplement doivent craindre la colère de Dieu, car Il teste l'homme dans ce monde:

"Nous avons fait périr les générations d'avant vous lorsqu'elles eurent été injustes alors que leurs messagers leur avaient apporté des preuves. Cependant, elles n'étaient pas disposées à croire. C'est ainsi que Nous rétribuons les gens criminels. Puis nous fîmes de vous des successeurs sur terre après eux, pour voir comment vous agiriez." (Sourate 10, "Yoûnous", Jonas, v. 13-14)

Les causes de la guerre

Seule, l'analyse des causes des guerres peut nous éclairer sur les raisons irrationnelles sur lesquelles elles sont basées. Aucune guerre ne justifie les milliers de morts et de blessés qu'elle cause. La guerre engendre une douleur durable dans la population et elle ruine les économies. À travers la guerre, l'homme montre combien il est impitoyable et égoïste, dépourvus des qualités humaines de compassion, de clémence et de bonne volonté. Il n'est animé que par son avidité personnelle et sa soif de pouvoir. Le Coran décrit cet individu:

"Dès qu'il tourne le dos, il parcourt la terre pour y semer la discorde et saccager culture et bétail. Et Allah n'aime pas le désordre! Et quand on lui dit: 'Redoute Allah' , l'orgueil criminel s'empare de lui. L'Enfer lui suffira, et quel mauvais lit certes!" (Sourate 2, "al-Baqara", La vache, v. 205-206)

Dès qu'un pays bafoue les droits d'un autre, la guerre éclate. Le conflit à propos d'un morceau de terre dégénère irréversiblement en conflit armé. Les faits montrent que les pays en guerre consument toutes leurs richesses en armement tandis que les budgets alloués à l'éducation et à la santé sont négligés.

Les intérêts des lobbies et des entreprises puissantes sont souvent au cœur de ces conflits. Pourtant c'est le peuple qui est le plus touché par les douloureuses conséquences de la guerre. Les deux camps ne récoltent que des ruines. Dieu promet le tourment à ceux qui sont injustes:

"Il n'y a de recours que contre ceux qui lèsent les gens et commettent des abus, contrairement au droit, sur la terre: ceux-là auront un châtiment douloureux." (Sourate 42, "ach-Choûrâ", La concertation, v. 42)

Les ressources naturelles (mines, gisements, pétrole, eau…) sont également l'objet de conflits entre les pays. Les pays qui en sont privés cherchent à tout prix à mettre la main dessus. Les nouvelles technologies et une planification appropriée pourraient calmer les ressentiments. Au lieu de cela, certains pays se consacrent à un jeu de pouvoir et d'influence via les guerres. Ils ne s'embarrassent pas des ravages matériels ou humains qu'elles causent.

Les conséquences d'une vie vécue en dehors des préceptes du Coran

Dans la sourate an-Nisâ, Dieu mentionne que tout croyant est responsable d'assister le démuni:

"Qu'avez-vous à ne pas combattre dans le sentier d'Allah, et pour la cause des faibles: hommes, femmes et enfants qui disent: 'Seigneur! Fais-nous sortir de cette cité dont les gens sont injustes, et assigne-nous de Ta part un allié, et assigne-nous de Ta part un secoureur'." (Sourate 4, "an-Nisâ", Les femmes, v. 75)

Appelez les hommes à craindre Dieu! Faites-leur le rappel du Jour du jugement où ils devront rendre compte de leurs actes!

Toutes les autres voies sont vouées à l'échec car seul celui qui craint Dieu évite l'injustice et la violence. À défaut de ce constant souci de Dieu, rien ne peut empêcher l'homme de commettre le mal: car à la première occasion, ses mauvais instincts reprennent le dessus. Celui qui saisit la supériorité du Coran peut donner une dimension honorable à sa vie en adhérant aux valeurs du Coran et en appelant les autres à faire de même. Tout musulman sérieux a le devoir d'exprimer la béatitude, la joie, la sécurité et la confiance que la religion lui apporte. Si toute l'humanité se rendait compte de cette richesse, la paix s'imposerait d'elle-même. La paix devient possible seulement si les valeurs du Coran et celles de la Sounna sont adoptées dans le monde entier, faute de quoi le bénéfice et la joie du Coran resteront confinées à une région alors que d'autres continueront à vivre dans des conditions misérables.

L'appel à l'aide des pays démunis

Dieu a créé toute chose avec une finalité, mettant ainsi à l'épreuve le croyant. Ce dernier reconnaît ses responsabilités: attester de l'existence d'un Dieu unique, ordonner le bien et interdire le mal, lutter intelligemment contre les détracteurs de l'islam… Les communautés du bien émergeront à condition que la religion se soit transmise. Dieu nous rappelle les responsabilités que les croyants doivent assumer:

"Et combattez-les jusqu'à ce qu'il n'y ait plus d'association, et que la religion soit entièrement à Allah seul. S'ils cessent, donc plus d'hostilités, sauf contre les injustes." (Sourate 2, "al-Baqara", La vache, v. 193)

Notre priorité quotidienne doit être la lutte intellectuelle contre la pensée matérialiste qui rejette en bloc la religion. Bien sûr, cette lutte se fera pacifiquement et sera basée sur le Coran. Une fois que les fondations des idéologies seront anéanties, toutes les réflexions qui reposent dessus s'effondreront une à une. Dieu nous informe dans le Coran qu'une fois la vérité révélée, le mensonge est voué à disparaître:

"Bien au contraire, Nous lançons contre le faux la vérité qui le subjugue et le voilà qui disparaît. Et malheur à vous pour ce que vous attribuez injustement à Allah." (Sourate 21, "al-Anbiyâ", Les prophètes, v. 18)

Il est de notre devoir de sortir l'humanité de ce triste monde incrédule et de l'encourager vers la voie du bien et celle de la vérité. Nous allons consacrer les pages qui suivent à parler de quelques pays tourmentés par la guerre. L'intention ici n'est pas d'apporter une information complète sur ces conflits, des milliers d'ouvrages et de rapports sont disponibles pour obtenir les informations. Notre intention est simplement de motiver les personnes consciencieuses pour les pousser à aider les opprimés délaissés. Il est important de rappeler aux croyants ce noble devoir, de les faire méditer sur les conflits qui ravagent certains pays et sur la détresse à laquelle des hommes, des femmes et des enfants doivent faire face. On ne peut pas se cacher derrière des prétextes du type: "Je ne peux rien faire, c'est à l'autre bout de la planète."

Toute la palette d'organisations humanitaires, de protection des droits de l'homme et de développement dont la finalité est de protéger et de secourir les victimes n'apporte que peu de solutions concrètes. Les performances de ces organisations ne sont pas à la hauteur des moyens financiers et humains considérables dont elles disposent.

Les gens doivent prendre conscience du fait que le "sauveur" attendu au Kosovo, en Bosnie, au Cachemire ou en Palestine aujourd'hui est celui qui vit sincèrement selon les valeurs du Coran.

Tchétchénie

L'actuelle guerre entre la Russie et la Tchétchénie est héritée de l'histoire du 20ème siècle. Les attaques russes en Tchétchénie tuent principalement des femmes et des enfants civils. Régulièrement, les images dévoilent au monde entier qu'aucune chance de survie n'est laissée aux femmes, enfants et civils qui subissent ces assauts. Une seule bombe lâchée sur une maternité causa la mort de quinze bébés. La politique barbare des dirigeants russes consiste à ordonner aux soldats d'exécuter les civils qui quittent leur village pour se réfugier dans les pays limitrophes.

Ce massacre est comparable à celui de Pharaon contre son peuple. Le Coran raconte:

"Et rappelez-vous lorsque Nous vous avons délivrés des gens de Pharaon, qui vous infligeaient le pire châtiment: en égorgeant vos fils et en épargnant vos femmes. C'était là une grande épreuve de la part de votre Seigneur." (Sourate 2, "al-Baqara", La vache, v. 49)

Ce verset rappelle que les peuples sont vulnérables face à la cruauté des dirigeants tels que Pharaon. Un bref historique nous permettra de mieux comprendre la violence qui règne en Tchétchénie.

En 1918, le Caucase, dont faisait partie la Tchétchénie, était sous le contrôle de la Russie soviétique. Le pouvoir communiste régnait alors sur un très vaste territoire, divisé par des frontières artificielles séparant les différents groupes ethniques. Des déplacements furent imposés afin de respecter cette séparation ethnique. Pendant la deuxième guerre mondiale, le régime communiste mena des opérations secrètes de déportation du peuple caucasien vers la Sibérie et le Moyen-Orient. Des milliers de personnes n'arrivèrent pas à destination vivantes. Le régime communiste donna leurs terres à d'autres communautés. Lorsqu'après plusieurs années les Caucasiens retournèrent chez eux, ils trouvèrent leurs maisons occupées par d'autres personnes. La politique de Moscou du "diviser pour mieux régner" adoptée à l'époque envenima les tensions ethniques.

La chute du gouvernement de l'Union Soviétique a ravivé les aspirations nationalistes et les rivalités ethniques. Certains groupes déclarèrent leur indépendance au sein des frontières de l'ancienne Union. D'autres restèrent sous le contrôle de la Fédération Russe, en acquérant toutefois une indépendance économique. Le peuple de Tchétchénie composé de 1,2 million d'individus entama sa lutte pour l'indépendance sous le commandement de Dzhokhar Dudayey.

L'affrontement entre les Russes et les Tchétchènes dura 18 mois et prit fin en 1996. Les Tchétchènes déclarèrent alors leur indépendance au moment du retrait des troupes russes. Un accord de paix fut signé en 1997 entre Moscou et Grozny pour mettre un terme officiel à la guerre. Ce traité reconnaissait de fait l'indépendance de la Tchétchénie. Toutefois, un accord antérieur permettait à la Russie de reporter la reconnaissance du statut final de la Tchétchénie jusqu'à fin 2001.

Les autres républiques suivirent l'exemple du peuple tchétchène. Le Conseil des Peuples Nord Caucasiens se réunit à Grozny, capitale tchétchène, en 1998. Lors d'une réunion, les peuples du Caucase Nord se mirent d'accord sur un traité de non-agression. Le conflit de 1999 trouvent ses racines dans les décisions prises lors de cette réunion.

Les forces russes bombardèrent plusieurs villages du Daghestan. Les villageois au nombre de 1500 sollicitèrent l'aide de la Tchétchénie. Un vétéran tchétchène, Shamil Basayev, répondit à cet appel durant l'été 1999. Après les bombardements massifs, il ne resta des villages que des ruines et deux survivants. Cette opération fit basculer la Tchétchénie dans une nouvelle guerre contre la Russie.

Le Daghestan est voisin de la Tchétchénie. Sa population est à 80% musulmane. Les habitants du Daghestan firent appel aux Tchétchènes contre la Fédération russe parce ces derniers vainquirent les Russes lors de la campagne de 1996.

De nombreux intérêts reposent derrière les charges russes en Tchétchénie. Quel que soit le motif de la guerre, systématiquement ce sont les femmes, les enfants et les pauvres qui sont les premiers touchés. Ils souffrent de la pauvreté, de la faim et des épidémies. La principale ambition de la Russie a toujours été de déplacer les Tchétchènes de leur patrie afin de les assimiler et d'ouvrir leur terre à d'autres ethnies. Cela semble justifier le massacre de milliers d'innocents sans défense et pire encore, face à cette barbarie le monde reste indifférent à ce qui se déroule sous ses yeux.

La vulnérabilité du Cachemire

Le Cachemire est broyé entre l'Inde et le Pakistan. Historiquement, ses pertes en vie humaine sont lourdes. Après le retrait de la Grande Bretagne de l'Inde, les Indiens musulmans fondèrent un État musulman séparé: le Pakistan. Il y eut alors un flux de population de l'Inde vers le Pakistan. Mais, le Jammu et le Cachemire, des régions à forte densité musulmane, restèrent sous tutelle indienne, suite aux efforts du pouvoir indien et au soutien britannique. Depuis ce jour, les tensions au Cachemire n'ont jamais cessé. Les Cachemiris ne cherchent pas l'indépendance, mais simplement à être rattachés au Pakistan.

À cause de leur résistance, les musulmans cachemiris subissent les attaques incessantes de l'État indien qui n'hésite pas à recourir aux armes chimiques contre les civils. En 1947, 1965 et 1971, la recrudescence de violence causa la mort de milliers de musulmans. Les femmes furent violées. La population fut massacrée; personne ne fut épargné. La politique d'assimilation se poursuit encore aujourd'hui. D'après les rapports d'organisations internationales, des centaines de personnes sont mortes au Cachemire suite aux tortures et des milliers d'autres ont été mutilées. Les Indiens brûlent les habitations, ils interdisent les journaux et ferment les écoles islamiques.

Le rapport d'un journaliste qui visita un camp de réfugiés au Cachemire rend compte des pénibles conditions de vie qui y règnent:

"Le camp de réfugiés de Ambor fut crée en 1990 pour les Cachemiris fuyant Jammu et Cachemire. Les conditions de vie y sont déplorables. Les gens sont comprimés dans de petites cabanes en boue. Dans une hutte de plain-pied dans laquelle nous pénétrâmes, il n'y avait qu'un seul lit. Nous avons demandé combien de personnes vivaient dans cette pièce. Ils étaient neuf. Le camp logeait 214 familles, soit un total de 1110 personnes. La vue d'une seule de ces huttes de boue suffit à donner une idée des conditions de vie de ce camp. Ces huttes possèdent en général deux chambres… Quelques pièces de vaisselle usée, un ou deux lits, si on peut les appeler ainsi. Une mère était agenouillée dans un coin avec un bébé dans les bras. Une marmite bouillait sur un feu alimenté par quelques branches sèches. Autour de moi, il n'y avait pas trace de nourriture! Je n'ai pas eu le courage d'ouvrir la marmite pour voir s'il y avait quelque chose dedans. Dans plusieurs tentes, je vis qu'il n'y avait ni nourriture ni lit! Dans l'une d'elles, il y avait un vieux bout de drap étendu au milieu. Apparemment, il servait de lit. Quand je demandai le nombre d'occupants de cette tente, on me répondit qu'ils étaient onze… Il y avait encore une simple marmite de fer qui bouillait dehors!"

On peut essayer de justifier notre immobilisme par l'éloignement géographique de cette région, mais il est inhumain et peu islamique de penser ainsi. Comme nous l'avons mentionné plus haut, la responsabilité du croyant est de communiquer au plus grand nombre: chez soi, au sein de sa famille ou à l'autre bout du monde.

Le nettoyage ethnique au Kosovo

Le Kosovo, région à majorité musulmane était sous contrôle ottoman jusqu'au moment de la guerre des Balkans en 1912. Le peuple kosovar a hérité de l'islam de l'Empire Ottoman. La fin de la Guerre Froide bouleversa les frontières et les régimes politiques des Balkans. L'Empire Ottoman jouait un rôle de consolidation dans cette région. Lorsqu'il fut déchu, les Balkans s'effritèrent. Ce qui se produit aujourd'hui en Bosnie et au Kosovo est le résultat de ce développement historique.

Les trois années de massacres inhumains en Bosnie

Les trois années de violences perpétrées contre les musulmans en Bosnie illustrent bien la persécution dont souffrent certains hommes sur terre. Avec le déclenchement de la guerre par les Serbes en avril 1992, l'objectif était d'annihiler les musulmans en quelques semaines ou de les forcer à émigrer. Mais les troupes de musulmans bosniaques opposèrent une résistance inattendue. La guerre dura jusqu'au printemps 1995. La violence de cette histoire était sans précédent dans l'histoire du monde. Les Serbes ont tué plus de 200.000 musulmans bosniaques, ont expulsé plus de deux millions de personnes de leurs foyers et ont violé plus de 50.000 femmes musulmanes. Dans les camps de concentration serbes, les musulmans étaient soumis à des tortures insupportables, des dizaines de milliers d'individus sont aujourd'hui mutilés. Il est frappant de voir que les Serbes, auteurs de telles cruautés et les Bosniaques, victimes de la haine serbe font partie de la même race et parlent la même langue. Leur seul point de divergence est la religion. En d'autres termes, ce à quoi nous assistons en Bosnie et au Kosovo n'est rien d'autre qu'une guerre de religion. Certains pensent que l'Église Orthodoxe a fomenté cette guerre par haine pour l'islam.

La dictature antireligieuse en Indonésie, le plus grand pays islamique

La vie est aussi précaire pour les musulmans d'Indonésie que s'ils vivaient dans un pays en guerre. Ce grand pays, dont la surface correspond à celle de l'Europe, est le quatrième pays du monde en terme de population, avec 210 millions d'habitants (prévisions pour 2005). Environ 87% de la population est musulmane. Trois cent groupes ethniques s'y côtoient. Bien que la communauté musulmane soit la plus nombreuse, elle a toujours été la cible d'une sévère oppression.

En Indonésie, ancienne colonie néerlandaise, le pouvoir a toujours été entre les mains de la communauté javanaise, qui représente 7% de la population. Après l'indépendance, l'élite dirigeante javanaise lutta pour conserver le contrôle complet du pays. C'est pourquoi, elle s'efforça de construire le concept de la nationalité indonésienne, ou plutôt javanaise, en dépit de la composition multiethnique du pays. Inévitablement, les mouvements réactionnaires des musulmans de Ache Sumatra déclarèrent leur indépendance en 1953. La classe dirigeante assimila cette déclaration à une trahison de la part des musulmans. En réaction, elle ordonna des exécutions de masse. En 1968, Suharto, soutenu par les États-Unis devint Président et massacra un million de personnes selon les rapports d'Amnesty International.

Jusqu'en 1998, l'année où Suharto fut élu président pour la septième fois, la corruption était déjà endémique en Indonésie. Le népotisme lui permettait de s'enrichir davantage. Cet abus de la confiance publique fut l'étincelle qui déclencha les émeutes en réaction à ce régime atroce et au malaise économique. La hausse de 100% des prix des biens de consommation était une provocation. La foule réagit violemment dans les rues de Jakarta. L'armée réprima la révolte en tirant sur la foule, faisant des milliers de victimes. L'objectif de la population était simplement d'améliorer ses conditions de vie et de se délester de l'oppression.

La chute de Suharto ne rétablit pas l'ordre en Indonésie. Malgré la succession de gouvernements, les conflits ne se sont jamais éteints dans le pays. Afin de libérer leur pays de l'injustice, de la violence et du désordre, les Indonésiens doivent adopter le mode de vie dicté par le Coran et la Sounna car ce dernier efface toute inégalité économique, toute dissidence, toute injustice et toute violence.

Une communauté musulmane coupée du reste du monde: les Turcs ouïgours dans l'est du Turkestan

Le Turkestan oriental est un pays peu connu. Il couvre une superficie égale à deux fois la Turquie. Le monde est ignorant des atrocités commises par le régime communiste chinois contre cette population musulmane qui aspire simplement à accomplir ses obligations religieuses. L'accès aux territoires de cette communauté est interdit. L'ethnie musulmane en question est celle des Ouïgours, pour la Chine, il s'agit de la province du Xinjiang. Bien que ces chiffres ne soient probablement pas exacts, la population de la province s'élèverait à 20 ou 30 millions de personnes selon les dires des institutions et associations qui sont présentes sur place. Les musulmans affirment que les Chinois minimisent volontairement ce chiffre.

La Chine porte un intérêt aussi grand au Turkestan oriental à cause des ressources naturelles qu'il contient. De récentes recherches ont décelé des sols riches et des réserves considérables en pétrole. Des sources officielles chinoises confirment l'existence d'une réserve de 20 à 40 milliards de tonnes de pétrole dans la région. Certaines entreprises pétrolières occidentales prétendent que ces réserves sont suffisamment importantes pour être comparées à celles de l'Arabie Saoudite.

Le Turkestan oriental est sous la souveraineté de la Chine depuis 250 ans. La Chine n'a jamais admis le droit à l'indépendance du peuple du Turkestan oriental et chacune de ses tentatives pour se libérer a été réprimée. La Chine ne fait que reconnaître le Turkestan oriental, territoire musulman, comme province annexée à ses territoires. En 1949, l'arrivée au pouvoir de Mao correspondit à une recrudescence de violence au Turkestan. Les musulmans qui résistèrent aux politiques d'assimilation chinoises furent brutalement massacrés et leurs droits niés. Entre 1949 et aujourd'hui, près de trente cinq millions de personnes furent tuées. Parallèlement, la torture et la répression sous toutes leurs formes faisaient partie du lot quotidien de ceux qui restaient. Les hommes étaient enterrés vifs, les femmes étaient violées… En 1953, les musulmans représentaient 75% de la population et les Chinois seulement 6%. En 1990, la tendance s'est renversée en faveur des Chinois. La population chinoise représentait 53% alors que les musulmans 40%. Ces chiffres confirment l'ampleur du génocide commis contre les musulmans au Turkestan oriental.

Le génocide au Turkestan oriental est similaire à celui des musulmans en Bosnie et au Kosovo. La différence, c'est que la communication avec le Turkestan est totalement coupée. Par conséquent, l'information est très difficile à obtenir. La Chine parvient avec succès à dissimuler les atrocités commises, même sur Internet. En outre, le monde fait la sourde oreille face aux événements dans cette région estimant qu'il s'agit là d'un problème interne à la Chine. Le génocide au Turkestan oriental témoigne du peu de valeur attribuée à la vie humaine dans les pays mécréants comme la Chine. Aveuglés par leur athéisme, les individus ne saisissent pas pourquoi ils ne devraient pas tuer ou torturer ceux qui ne partagent pas leur mode de vie.

Le Tchad

Après l'indépendance du Tchad, pays à majorité musulmane, les chrétiens prirent la tête du pays. La répartition entre ministres chrétiens et musulmans était égale, même si le pays comptait deux millions de musulmans et seulement huit cent mille chrétiens.

Le premier conflit eut lieu quand les dirigeants chrétiens, proches des anciens colonisateurs, établirent des relations diplomatiques avec Israël. Les Tchadiens musulmans étaient évidemment sensibles à la question, en raison des incidents liés à la question palestinienne. Une quelconque alliance politique avec Israël équivalait à une trahison envers la Palestine. Les ministres musulmans affirmèrent leur position anti-israélienne, ce qui leur valut d'être limogés du gouvernement. Certains furent arrêtés, d'autres emprisonnés et tous leurs biens furent confisqués. La population musulmane fut victime de la répression du gouvernement. Ce vain soulèvement coûta la vie à un millier de personnes et fit des milliers de blessés.

Les Philippines

Au début du 20ème siècle, les Philippines étaient sous contrôle américain et c'est en 1946 que le pays obtint son indépendance. Même après le retrait des États-Unis de l'île, les Philippins au pouvoir continuèrent à servir les intérêts américains. Un des agissements principal du pouvoir politique philippin consistait à confisquer les terres des musulmans, afin de consolider son pouvoir sur l'île. Une loi visant à réguler la répartition des terres entre musulmans et Philippins fut votée. D'après cette loi, un musulman pouvait recevoir seulement le tiers de ce à quoi un Philippin avait droit. Cette politique permit l'établissement de 3,5 millions d'immigrants sur les terres des musulmans. Elle eut en outre pour effet de déclencher des affrontements entre musulmans et Philippins. Pour protéger leurs droits, les musulmans tentèrent en vain de faire un compromis avec le Président Ferdinand Marcos. Au lieu de cela, il mit en place une opération d'assimilation des musulmans. Marcos fit de l'armée sa machine politique personnelle à coup de hausses de salaires et de promotions sélectives. Il remplaça l'application de la loi constitutionnelle par la loi martiale.

Le Front de Libération Nationale Moro (MNLF) combattit au nom des musulmans. Les affrontements sanglants firent plus de 50.000 morts, pour la plupart des civils musulmans. Des milliers de femmes, d'enfants, et de personnes âgées furent exécutées. Des équipes spécialement entraînées furent instaurées pour éliminer les musulmans de la plus sauvage des manières. Ces monstres fracassaient les crânes de leurs victimes, ils buvaient leur sang, ils employaient des techniques spéciales de torture pour chaque victime et après l'exécution, ils confisquaient tous leurs biens.

Les successeurs de Marcos appliquèrent la même politique brutale et perpétuèrent le même génocide ethnique.

Le Liban

Partout dans le monde, des affrontements sanglants et des guerres dévastent les pays musulmans. La résistance palestinienne à l'invasion israélienne est l'exemple le plus durable. Cette invasion soutenue par les pays occidentaux entacha et continue à entacher l'histoire de centaines de milliers de victimes. Les affrontements, les guerres et les massacres ne reflètent que très peu la souffrance des civils.

Après les années 50, les forces israéliennes firent plusieurs tentatives sur son voisin, le Liban. Israël sema des graines de discorde entre plusieurs groupes au Liban, tout en les soutenant. L'objectif était bien sûr de provoquer une guerre civile. Les conflits fragilisèrent le pouvoir libanais, et favorisèrent donc l'invasion. Les Israéliens provoquèrent les communautés habitant le Liban, notamment, les maronites, les chrétiens, les Grecs orthodoxes, les musulmans chiites, les sunnites et les druzes et attendirent patiemment de récolter les fruits de leur politique de division.

Cette stratégie planifiée depuis 28 ans entraîna donc l'invasion effective du Liban en 1982. La guerre civile divisa Beyrouth en zones. Il est à noter que chaque minorité reçut le soutien financier et matériel (armement) de la part d'Israël, en particulier les phalangistes, qui prirent le pouvoir.

La guerre civile au Liban éclata à priori à cause des Palestiniens qui s'étaient installés dans ce pays après leur expulsion de Jordanie par le Roi Hussein. Les chrétiens qui voulaient absolument expulser les Palestiniens du Liban se lancèrent dans une guerre totale contre eux. On pourrait croire que la guerre n'opposa que les chrétiens et les musulmans, or au sein même des deux camps, des déchirements internes ébranlèrent la solidité des deux groupes respectifs. Profitant de cette diversion, Israël commença à transgresser la frontière libanaise. Par ailleurs, l'attaque de la Syrie (qui était soutenue par les États-Unis et Israël) ébranla significativement la défense libanaise et ajouta une nouvelle dimension au conflit: deux pays musulmans se retrouvèrent face à face. C'est avec l'arrivée au pouvoir du parti phalangiste appuyé par Israël que débuta la guerre sanglante qui dévasta Beyrouth. Le Liban fut déchiré et dévasté par la guerre. Le massacre de centaines de civils palestiniens perpétré par les phalangistes dans les camps de réfugiés de Sabra et Chatila, sous la supervision des forces israéliennes, restera à jamais gravé dans l'histoire.