L’INFLUENCE DE LA RELIGION SUR LA VIE SOCIALE

La mécréance a de nombreux impacts néfastes sur les êtres humains et les civilisations. Dans une société écartée de toute préoccupation religieuse, ses membres se caractérisent par leur injustice, leur égoïsme et leur manque de fiabilité. Tel est fatalement le tableau qu'on attribue aux sociétés mécréantes. Seules les valeurs religieuses peuvent garantir la perfection morale pour les sociétés et pour les individus. Ceux qui ont foi en Dieu et en l'au-delà se conduisent de façon responsable puisqu'ils ne vivent que pour obtenir l'agrément de Dieu. Craignant Dieu, ils évitent soigneusement les actes blâmables et les comportements qu'Il n'agrée pas. Une société dominée par de tels hommes ne connaîtra pas de graves problèmes sociaux.

En revanche, un mécréant, dans la mesure où il n'admet pas qu'il sera puni ou récompensé selon ses actes, n'observe pas les limites tracées par Dieu. Ne se souciant pas du jour du Jugement dernier, il ne voit pas la nécessité de réfréner sa mauvaise conduite. Tout en évitant certaines attitudes contraires aux règles de la société, beaucoup de gens n'hésitent pas à commettre d'autres méfaits quand ils sont invités et encouragés à le faire ou en ont l'occasion.

Celui qui affiche ses penchants pour la mécréance verra ses tourments commencer dès cette vie puisqu'il sait en son for intérieur qu'il devrait adhérer aux valeurs de la religion. Il est certain que chaque homme est doué de conscience. Mais tandis que ce mécanisme est bien orienté chez les croyants, il ne fonctionne presque pas chez ceux qui ne vivent pas selon les valeurs de la religion. En d'autres termes, ceux qui renient les valeurs morales de la religion sont en proie à une détresse spirituelle. Chacun en réalité sait qu'il a un Créateur, qu'il est responsable devant Lui et devrait rechercher la perfection morale. Mais ceci est en totale opposition avec les souhaits et désirs terrestres.

C'est pour cela que les individus, soit rejettent complètement la religion, soit se cherchent des excuses telles que "je suis quelqu'un d'honnête, bon et sincère" pour échapper aux prescriptions du Coran. Cependant dans les deux cas, ces gens savent dans leur for intérieur qu'ils devraient suivre le modèle de vie agréé par Dieu. Dans les sociétés éloignées des valeurs religieuses, la source de l'angoisse mentale, de tous les problèmes psychologiques et spirituels, réside dans cette détresse spirituelle que nous appelons "remords".

La situation de ces gens qui éprouvent déjà ces tourments alors qu'ils vivent encore sur terre est décrite dans le verset suivant:

Et ils disent: "Pour quand cette promesse si vous êtes véridiques?" Dis: "Il se peut qu'une partie de ce que vous cherchez à hâter soit déjà sur vos talons." (Sourate an-Naml: 71-72)

Les remords ne sont qu'une infime partie du supplice éternel et insoutenable que le mécréant subira dans l'au-delà. L'homme subit cette souffrance terrestre parce qu'il adopte un mode de vie et une attitude contraires à la finalité de sa création. Tant qu'il persiste dans sa mentalité irréligieuse, il est condamné à vivre cette détresse spirituelle. C'est pourquoi il éprouve le besoin pressant de faire taire la voix de sa conscience et d'être soulagé de sa souffrance morale. Moralement et physiquement, l'homme est prédisposé par nature à embrasser les valeurs de la religion. Dieu n'a pas seulement créé l'homme, Il a aussi créé pour lui les meilleures conditions de vie. Aussi, la transgression des lois divines entraîne des difficultés personnelles pour l'individu. Comme nous l'avons dit dans les pages précédentes, il s'agit des problèmes sociaux et psychologiques qui sévissent tout au long de l'histoire humaine. La seule façon d'éradiquer ces maux consiste à adhérer aux valeurs de la religion car elle seule peut apporter un remède, au sens réel du terme, à ces problèmes.

L'adhésion aux valeurs religieuses est une barrière contre le crime

Il n'y a pas de raison qu'un homme qui ne vit pas selon les valeurs de la religion, et donc ne s'attend pas à être jugé un jour pour ses actes et châtié, observe les lois fixées par Dieu et œuvre pour le bien et l'intérêt d'autrui afin d'obtenir l'agrément de Dieu. D'après sa conception erronée de l'existence, il n'a qu'une vie et doit la vivre dans les meilleures conditions, rechercher tous les objets de ses désirs et faire ce qui lui plaît. Le Coran décrit ainsi ce mode de pensée:

Et ils dirent: "Il n'y a pour nous que la vie d'ici-bas: nous mourons et nous vivons et seul le temps nous fait périr." Ils n'ont de cela aucune connaissance: ils ne font qu'émettre des conjectures. (Sourate al-Jathiya: 24)

Une personne qui professe une vision aussi éloignée de la vérité est d'une grande vulnérabilité face à toutes les tentations immorales. Elle peut se permettre de mentir sans vergogne, voler, rompre ses engagements, recourir à la violence, tromper autrui, exploiter les gens dès qu'elle en a l'occasion. Il n'y a rien qui puisse l'écarter du mal. Avec le temps, asservie à son ego (l'âme inférieure), elle obéit aux commandements de celui-ci sans hésitation et son inconduite ne connaît pas de bornes. Si son intérêt l'exige, elle peut être prête à commettre un meurtre. Les quotidiens sont emplis de tels faits divers: des individus tuant leurs voisins pour leur voler les bijoux, des femmes tuant leur mari dans un accès de rage, des parents torturant leurs enfants, des enfants assassinant leurs parents pour de sombres questions d'argent. Des incidents de ce genre se produisent chaque jour par milliers, dont bon nombre restent cachés. Ils sont autant de preuves attestant que les hommes sont devenus les esclaves de leurs bas instincts. Sur un plan spirituel, ils sont inférieurs aux animaux. Dans le Coran, un individu pareil est appelé "le transgresseur de toutes limites, le pécheur" (Sourate al-Mutaffifune: 12).

Dans une société où n'importe qui peut faire n'importe quoi à toute heure, une personne ordinaire assise à côté de vous dans le bus, au centre commercial, ou au théâtre peut devenir un danger potentiel. Il peut s'agir d'un voleur, d'un meurtrier, d'un violeur. De plus, une telle personne peut avoir une apparence avenante, être issue d'un milieu favorisé et avoir une brillante éducation. Une interview tirée d'un magazine populaire le confirme:

Q: "Vous dites que vous êtes fasciné par le meurtre. Dans ce cas, pensez-vous en commettre un jour?"

R: "... Plusieurs fois j'ai été tenté de commettre un meurtre. Je n'avais pas de victime préméditée, juste l'envie de tuer huit ou neuf personnes en un jour. L'âme humaine est encline à une telle violence, et je ressens cela au plus profond de moi. Cependant, un vrai meurtre ne sonne pas si bien: il y a le sang, le cadavre, les sirènes, la police... tout ce fouillis. Malgré tout, les meurtres me tentent toujours."

Q: "Quel genre de meurtre aimeriez-vous commettre?"

R: "Je voudrais absolument utiliser une arme à feu. Le poison ne suscite pas cette terreur à laquelle le meurtre est associé, c'est trop furtif."

À notre grande surprise, la personne interviewée qui est connue dans sa société comme étant éclairée abrite en elle des penchants terroristes et n'hésite pas à les exprimer. Cela nous donne une image éloquente de la société qui renie les valeurs religieuses. Cet exemple nous montre à quel point est terrifiante la nature des hommes qui n'ont ni foi ni crainte envers Dieu. Les prescriptions du Coran au sujet du meurtre que les mécréants peuvent commettre si facilement sont les suivantes:

C'est pourquoi Nous avons prescrit pour les Enfants d'Israël que quiconque tuerait une personne non coupable d'un meurtre ou d'une corruption sur la terre, c'est comme s'il avait tué tous les hommes… (Sourate al-Ma'ida: 32)

L'exemple donné dans ce verset où Dieu dit que tuer un homme revient à tuer l'humanité toute entière est très important. Dans un autre verset, il est également dit que celui qui commet un meurtre subira le châtiment éternel de l'enfer (Sourate an-Nisa': 93). Dans ce cas, un homme qui craint Dieu ne peut même pas concevoir le meurtre d'une seule personne. Ceci est illustré par l'histoire des deux fils d'Adam (psl). L'un d'eux voulut tuer son frère par simple jalousie. La victime qui craignait Dieu a adopté une attitude exemplaire.

Si tu étends vers moi ta main pour me tuer, moi, je n'étendrai pas vers toi ma main pour te tuer: car je crains Allah, le Seigneur de l'univers. (Sourate al-Ma'ida: 28)

Ici, la différence entre le croyant et le mécréant apparaît dans toute son évidence. Quelles que soient les circonstances, les croyants ne se risquent pas même à contempler un spectacle méprisé par Dieu. L'exhortation du Prophète (pssl) aux croyants, "Il ne devrait y avoir aucune nuisance, ni nuisance réciproque" (Sunan ibn Majah), le montre très clairement. De l'autre côté, les mécréants se sentent libres de commettre toutes sortes de forfaits.

Les préceptes de l'Islam débarrassent la société de fléaux tels que le vol, la corruption, le mensonge et le meurtre. Celui qui adhère à la morale islamique vit en se conformant aux limites tracées par Dieu et n'obéit pas à ce que lui murmure son âme bestiale.

Au contraire, celui qui ne vit pas de façon conforme à la religion se comporte toujours selon ce que lui dictent ses intérêts. Et c'est cela précisément qui le conduit à commettre des forfaits. Par exemple, le vol peut sembler profitable du point de vue de l'intérêt personnel matériel, mais la religion l'interdit. En vérité, le vol nuit au voleur et au volé tout autant. Toutes les épargnes d'un individu peuvent être volées en une nuit tandis que le voleur peut être la proie d'une crise de conscience. Pour cette raison, la religion interdit de tels méfaits et ouvre la voie à une vie paisible et harmonieuse sur terre.

Ici, un mécréant pourrait nous objecter: "Je ne crois pas en Dieu, mais je ne triche jamais avec autrui non plus." En effet il est tout à fait possible que cette personne ne fasse rien de malhonnête dans sa vie à cause de ses principes. Mais dans certaines circonstances, elle pourrait ne pas résister à la tentation et tromper alors autrui. Par exemple elle peut se retrouver à court d'argent ou être dans un environnement où la tromperie est très bien tolérée. D'autres contextes peuvent rendre la tromperie et/ou le vol plus "acceptables" et mener cette personne au péché.

Cependant le Coran interdit formellement de s'emparer des biens d'autrui. Une personne qui vit selon les commandements de la religion n'essaie jamais d'abuser autrui. La tromperie est une forme d'injustice dénoncée dans maints versets:

Et ne dévorez pas mutuellement et illicitement vos biens, et ne vous en servez pas pour corrompre des juges pour vous permettre de dévorer une partie des biens des gens, injustement et sciemment. (Sourate al-Baqara: 188)

Le Coran confie les responsabilités aux gens informés et expérimentés

De nos jours, la principale raison pour laquelle de nombreux problèmes restent non résolus réside dans le fait que les personnes chargées de s'en occuper n'ont pas les qualifications ni les talents nécessaires pour le faire. Dans des sociétés où les prescriptions de l'Islam ne sont pas appliquées, il y a beaucoup de gens dépourvus des compétences élémentaires requises par leurs responsabilités. Bien plus, même si elles ont les aptitudes, elles n'ont pas la vocation d'œuvrer pour le bien des autres ou de travailler au service de l'humanité. Souvent le critère selon lequel telle position ou fonction échoit à un individu, n'est pas ses compétences ou ses qualifications, mais plutôt un entrelacement d'intérêts individuels et de privilèges.

Par exemple, quand le directeur d'une usine familiale meurt ou part à la retraite, c'est son fils qui assume généralement la fonction de diriger l'entreprise. Lorsque cette décision est prise, on ne prend pas en compte le fait que l'héritier est capable ou non d'assumer cette responsabilité. Il se peut même qu'il n'ait aucun intérêt pour ce travail. Cependant comme aucun autre poste ne peut lui assurer le succès, la sécurité et la respectabilité qu'il recherche, il accepte cette fonction à contrecœur. Dans ce cas, il n'arrive pas à régler les problèmes qui se posent à l'usine ou à prendre à temps les mesures nécessaires. C'est là une situation qui risque de poser des problèmes plus dramatiques encore au fil du temps.

Mais dans un environnement où prévalent les valeurs du Coran, de tels problèmes ne se présentent jamais car le Coran enjoint aux croyants de confier les responsabilités à ceux qui ont la compétence et les aptitudes requises pour les porter:

Certes, Allah vous commande de rendre les dépôts à leurs ayants droit, et quand vous jugez entre des gens, de juger avec équité. Quelle bonne exhortation qu'Allah vous fait! Allah est, en vérité, Celui qui entend et qui voit tout. (Sourate an-Nisa': 58)

Celui qui a foi en Dieu et vit selon les enseignements de la religion garde à l'esprit les commandements divins. Par conséquent, une société où vivent des croyants est composée de "ceux qui gardent les dépôts confiés à eux, et respectent leurs engagements scrupuleusement et qui témoignent de la stricte vérité" (Sourate al-Ma'arij: 32-33). Dans une telle société, chacun assume ses responsabilités au mieux de ses capacités.

La morale de l'Islam purifie l'homme de l'infidélité et de la déloyauté

La religion enseigne à l'homme les notions de parole et fidélité. Il serait illusoire d'espérer que de telles valeurs perdurent dans une société qui n'est pas régie par celles du Coran, puisque les individus ne restent fidèles à autrui en toutes circonstances, aussi bien en temps de paix qu'en temps de troubles, que lorsqu'ils recherchent l'agrément de Dieu. Autrement, si l'on pense qu'on ne rendra pas compte de ses actes, on se laisse conduire par ses intérêts et on ne tarde pas à devenir une créature complètement égoïste.

La société abonde en exemples de ce type. Les gens se détournent rapidement de ceux qui quittent une position éminente, de la célébrité qui n'attire plus sur elle l'attention du monde, de l'homme fortuné qui fait banqueroute. De même, un homme éprouvé par une maladie mortelle souffre amèrement de la perte de ses amis qui l'abandonnent. Les journaux regorgent chaque jour de tels cas d'infidélité. Par exemple, dans le monde des affaires, nombreux sont ceux qui trompent leur partenaire. Dans toutes ces relations reposant sur l'intérêt, on assiste à toutes sortes de spectacles immoraux puisque l'argent est ce qui importe le plus dans cette vie.

L'amitié est un autre domaine où l'infidélité est monnaie courante. Dans les sociétés mécréantes, on n'hésite pas à abandonner ses meilleurs amis si une opportunité plus intéressante se présente. De nombreuses personnes ont subi la perte de leurs amis pour des raisons semblables.

La même constatation vaut pour les mariages. Les conjoints se trompent l'un l'autre pour des raisons insignifiantes. Ils peuvent se permettre ce type de comportement car selon leur raisonnement tordu, les actes malhonnêtes qu'ils commettent restent cachés, si personne n'en est témoin. Dès lors, rien ne peut les arrêter. En bref, dans les sociétés mécréantes, dans la plupart des relations humaines règnent l'infidélité et la déloyauté, ce qui fait naître la méfiance entre les hommes.

La logique tordue qui prévaut dans les civilisations mécréantes ne se limite pas à ces exemples. Les gens réputés pour leur gloire, leur beauté et qui jouissent de l'amour de milliers de fans le perdent tragiquement quand ils sont dépossédés de leur auréole de célébrité et de charme. Ils deviennent alors confinés dans leur solitude. Dans la plupart des cas, ils sont condamnés à attendre la mort, pauvres et solitaires. Tout d'un coup, leurs amis, leurs fans, la presse, tout disparaît. C'est la face amère mais bien réelle du type de vie qu'ils mènent.

La croyance qui gouverne l'existence des gens qui n'ont pas foi en Dieu soutient que l'homme descend de créatures semblables aux singes, et que c'est le résultat d'une évolution. C'est pourquoi l'apparence physique et l'aisance matérielle sont les principales valeurs qui distinguent les individus dans la société. Une fois que ces valeurs disparaissent, on perd tout crédit aux yeux des autres. Il est certain que cette philosophie ne permet pas d'attacher de l'importance à un être qui descend d'un simple primate. Toute l'attention se reporte sur l'argent et la gloire qu'on détient. Des gens plus jeunes et plus beaux remplacent les personnalités vieillissantes et la société marginalise ces dernières puisqu'elles ne lui sont plus d'aucune utilité. Le reste de la société est également composé de gens qui pensent descendre du singe et finir en poussière. Comme cette philosophie ne met pas en avant des valeurs comme la fidélité, ces hommes confient leurs parents une fois devenus vieux à des institutions spécialisées, oubliant qu'autrefois ces gens se sont occupés d'eux. Pire, ces personnes âgées reçoivent souvent de mauvais traitements dans ces établissements.

Comme on le voit, un cœur dépourvu de valeurs morales peut inspirer à l'homme une conduite négligente voire violente vis-à-vis de ses propres parents. L'infidélité imprègne tous les types de relations humaines. Ce problème social qui instille la peine et le trouble dans l'âme humaine peut être résolu seulement si on observe les valeurs de la religion. Quand les hommes adhèrent aux vertus religieuses, plus personne n'apparaît aux yeux d'autrui comme étant sans valeur, bon à rien. L'individu ne se distingue plus par sa bonne apparence, ni par ses biens, ou son statut social. Sa crainte de Dieu et la perfection morale qu'il manifeste sont les caractéristiques qui le rendent précieux. Le corps n'est qu'une faveur accordée temporairement à l'homme. L'homme est sur terre en vue d'un test. Il y passera un court séjour avant de gagner sa demeure éternelle dans l'au-delà, où il sera jugé pour ses qualités morales. C'est pourquoi le bon caractère est la seule chose qui importe. Dieu demande à ses serviteurs d'être fidèles les uns aux autres et de ce fait, c'est là ce qui convient aux croyants.

Quand la morale islamique prédomine, on assiste aux plus beaux exemples de fidélité et de loyauté. Les enfants chérissent leurs parents, peu importe leur âge; les parents, les artistes, les savants qui ont servi leur pays sont tenus en haute estime. Les jeunes gens n'abandonnent pas les membres aînés de la famille quand ils vieillissent. Ils leur rendent visite fréquemment et font de leur mieux pour les aider. Dans une telle société, l'amitié dure toute une vie… Plus que des amis, les hommes deviennent frères. De plus, en cas de maladie ou de problèmes, ils s'entraident de leur mieux pour gagner l'agrément de Dieu. Les couples qui veulent se marier maintiennent leur relation dans le souvenir et le rappel de Dieu. Ayant foi en l'existence d'une vie éternelle après la mort, ils manifestent un parfait dévouement l'un vers l'autre. Cette qualité n'est jamais altérée par les circonstances, pas même si l'un d'eux devient infirme, âgé ou grabataire. Par exemple, le dévouement, l'amour et le respect d'un homme pour sa femme demeurent inchangés même si elle perd des charmes précocement du fait de brûlures sur son visage. C'est simplement parce que le croyant prise l'esprit avant toute chose. En effet la patience manifestée dans les moments problématiques est recherchée par les croyants. Les propos suivants, tenus par le Prophète (pssl) explique le sens de la loyauté qui unit les croyants les uns aux autres:

Le musulman est le frère du musulman: il ne lui porte pas préjudice ni ne l'abandonne. Si quelqu'un prend en charge les besoins de son frère, Dieu pourvoira aux siens; si quelqu'un soulage son frère d'un souci, Dieu le soulagera aussi de l'un de ses soucis le jour de la Résurrection. (Al Bukhari, Muslim)

Cette notion de loyauté s'étend à toutes les relations dans lesquelles s'engagent les croyants, y compris les relations professionnelles ou d'affaires. Le respect des promesses et des contrats est l'un des traits typiques du croyant intègre. Dans une société qui n'est pas régie par les valeurs du Coran, il serait vain d'exiger des gens qu'ils tiennent leurs promesses et soient loyaux.

Un point mérite d'être mentionné ici: un homme peut prétendre qu'il ne rompt jamais ses promesses ni ne fait preuve de déloyauté en dépit de sa mécréance. Il se peut qu'il prouve en effet qu'il ne s'est jamais rendu coupable de tels actes au cours de sa vie. Toutefois, comme nous l'avons mentionné plus haut, les conditions peuvent changer au point qu'il pense pouvoir mettre en avant son intérêt. Dans ce cas il peut être tenté par les perspectives ouvertes par ces nouvelles conditions. Alors que, quelles que soient les conditions, un croyant n'ose jamais s'aventurer dans une situation qui déplait à Dieu.

La paix et la sécurité règnent partout où les hommes adhèrent à la voie tracée par Dieu

Dieu exhorte l'homme de vivre dans un environnement où règnent la paix et la sécurité. Dans un tel environnement, la fureur, la colère et les autres attitudes immorales n'existent pas puisqu'elles sont proscrites par Dieu

Qui dépensent dans l'aisance et dans l'adversité, qui dominent leur rage et pardonnent à autrui - car Allah aime les bienfaisants. (Sourate Al 'Imran: 134)

Ceux qui évitent [de commettre] des péchés les plus graves ainsi que les turpitudes, et qui pardonnent après s'être mis en colère. (Sourate ash-Shura: 37)

Le Prophète Mohammad (pssl) a également appelé les croyants à maîtriser leur colère dans nombre de ses propos:

L'homme fort n'est pas celui qui surpasse les autres par sa force mais celui qui se maîtrise lui-même quand il est en colère. (Al Bukhari)

Dieu nous décrit ainsi les croyants dans le Coran et ceux-ci veillent méticuleusement à ne pas agir de façon contraire à ses préceptes, étant donné qu'ils consacrent leurs vies à la recherche de l'approbation divine. Dans chaque mot qu'ils prononcent, dans chaque pas qu'ils effectuent, dans chaque attitude qu'ils adoptent, ils s'efforcent simplement de faire ce que Dieu agrée. Dieu nous demande d'avoir un comportement qui est même supérieur à la bonne moralité et qu'Il définit comme étant le "meilleur". Dans plusieurs versets, Dieu attire notre attention là-dessus.

Et dis à Mes serviteurs d'exprimer les meilleures paroles… (Sourate al-Isra': 53)

Repousse le mal avec ce qui est meilleur… (Sourate al-Mu'minun: 96)

La bonne action et la mauvaise ne sont pas pareilles. Repousse (le mal) par ce qui est meilleur; et voilà que celui avec qui tu avais une animosité devient tel un ami chaleureux. (Sourate Fussilat: 34)

Dans un environnement où les gens adhèrent aux préceptes du Coran, chacun s'efforce de développer les meilleures manières, la paix et la tranquillité deviennent un mode de vie naturel. La colère, les conflits, les disputes disparaissent tout simplement. Les croyants ne se permettent jamais de manifester une telle attitude: ni en famille, ni au travail, ni dans les embouteillages, on ne voit de tels spectacles. Ces mœurs imparfaites qui sont si facilement tolérées par les autres sont en effet embarrassantes pour les croyants.

Quand la morale islamique est strictement appliquée dans une société, une atmosphère naturellement paisible y règne. Dans la situation contraire, les gens souffrent de nombreux problèmes. Il n'est pas facile d'empêcher une personne qui ne vit pas selon les enseignements coraniques d'avoir une conduite négative. Il est probable en effet qu'une telle personne soit en proie à des dispositions d'esprit changeantes puisqu'elle se laisse conduire par ses désirs; sans crier gare, elle peut se mettre en colère, réagir de façon dégradante ou même faire preuve de violence. En fait, ressentir de la fureur est un signe explicite d'une instabilité individuelle et sociale. Comme on l'a dit plus haut, c'est quelque chose que l'on voit couramment chez les couples, les amis, dans la vie professionnelle ou familiale. Il y a peu de gens qui ne sont pas ennuyés quand les choses ne se passent pas bien, quand ils se sentent sous pression, ou que leurs intérêts sont en jeu. Dans une telle société, il est vraiment difficile de vivre en paix. Ses membres font peu cas de la réaction des autres. Peu de gens imaginent que la personne avec qui ils sont pourrait être épuisée, manquer de sommeil, être malade ou avoir un problème. Les hommes sont des êtres faillibles et il est humain d'avoir des défaillances. Il est donc insensé de réagir en les insultant ou en les agressant quand il s'agit de fautes mineures. Toutefois dans les sociétés mécréantes, un repas brûlé, une chemise tâchée, un repas commandé qui se fait trop attendre au restaurant sont autant de raisons de créer des disputes. Inversement, les membres de ces sociétés restent tout simplement indifférents face à des comportements injustes si ceux-ci ne les affectent pas directement.

La moralité de l'Islam assure à l'homme un équilibre moral

Ceux qui adhèrent aux valeurs de la religion reconnaissent que tout ce qui arrive est sous le contrôle de Dieu et de ce fait se soumettent à Lui. Cette conscience leur apporte un équilibre spirituel. Bon ou mauvais, aucun incident ne leur fait perdre cette maîtrise, ils ne tombent jamais dans des réactions excessives car ils ne se laissent pas conduire par leurs émotions mais par la raison en toutes circonstances. C'est pour cette raison que ce sont des gens dignes de confiance. Surtout dans les périodes de problèmes, ils prennent toutes les précautions possibles pour réduire les désagréments dont leur entourage ainsi qu'eux-mêmes souffrent. Instruits des préceptes du Coran, le guide révélé par Dieu à l'humanité, les croyants reflètent la morale coranique dans leurs actes et leurs mœurs. En appliquant scrupuleusement les injonctions divines et en ayant une grande crainte de Dieu ils élèvent sensiblement leur conscience et leur compréhension. Ils sont ainsi dotés de capacités de jugement et réflexion qui leur permettent d'avoir la meilleure conduite et les bons mécanismes de décision.

Il est certain qu'un croyant disposant de ces qualités ne connaît pas la panique, le chagrin ou le désespoir. Il ne se sent pas non plus concerné par les évènements qui lui semblent défavorables et se conduit toujours rationnellement. Il résiste aux difficultés et ne renonce jamais. Même dans l'adversité, il se montre courtois envers autrui et fait preuve de patience, ce qui est le signe d'un caractère intègre et mature. Conscient que tout est placé sous le contrôle de Dieu, un croyant garde toujours ce verset à l'esprit:


Nul malheur n'atteint la terre ni vos personnes, qui ne soit enregistré dans un Livre avant que Nous ne l'ayons créé; et cela est certes facile à Allah, afin que vous ne vous tourmentiez pas au sujet de ce qui vous a échappé, ni n'exultiez pour ce qu'Il vous a donné. Et Allah n'aime point tout présomptueux plein de gloriole. (Sourate al-Hadid: 22-23)

Incapables de comprendre cela, ceux qui vivent en dehors des limites de la religion se sentent toujours préoccupés, ils ressentent peur et agitation et sont victimes d'une détresse profonde. Le stress les rend émotionnellement et mentalement instables. Pour quiconque les observe de l'extérieur, leur façon d'être est troublante. Ce genre de personne change sans cesse d'humeur. Alors qu'ils semblent heureux, ils éclatent soudainement en sanglots. Ce qui les rend tristes ou joyeux est la plus part du temps imprévisible. Parfois ils se rappellent un souvenir déplaisant et tombent dans la tristesse. Ils font facilement une dépression et n'hésitent pas à dire qu'ils sont dans un état de totale dépression. De temps à autre, ils pensent au suicide et parfois s'y essaient. Ce type de personne ne pose pas de limite dans son comportement. Elle n'a aucune idée de ce qui est juste et ce qui ne l'est pas, du comportement adéquat et de celui qui ne l'est pas, de ce qui est sensé et ce qui ne l'est pas, du fait qu'elle est ignorante des critères donnés par la religion authentique.

Ces gens ne placent pas leur confiance en Dieu puisqu'ils ne connaissent pas la religion. Ils ne sont pas conscients du fait que ce que Dieu crée fait partie de notre foi, que toute chose, bonne ou mauvaise, arrive par Sa volonté, et que tout ceci n'est qu'un test créé pour mettre l'homme à l'épreuve. Parce qu'ils ne sont pas en possession des enseignements de la religion, ils ne comprennent jamais la vraie finalité qui sous-tend les évènements qui les frappent. C'est pourquoi ils ne les accueillent pas comme ils devraient. Attribuant tout cela au hasard, ils se sentent en danger, préoccupés, accablés. C'est pour cela qu'ils prennent de mauvaises décisions et ont des réactions inadéquates. Ils éprouvent du regret pour leurs actions.

Ils ne peuvent établir de critères valables pour aucun sujet. Ils sont contents et deviennent impulsifs quand les choses vont comme ils le souhaitent. Puis soudain, ils deviennent insolents et arrogants. Quand ils se réjouissent, ils perdent tout contrôle, se comportent de façon humiliante et affichent des manières frustes. Ils peuvent faire des choses imprévisibles, crier ou pleurer de joie. Quand ils sont irrités, ils parlent sèchement ou deviennent agressifs.

Ces attitudes ne sont pas confinées à certaines catégories de la société. Dans les civilisations dépourvues de l'esprit de la religion, les personnes les plus mûres, les plus éduquées et les plus raisonnables, sont enclines à perdre leur maîtrise d'eux-mêmes et à gâcher leurs talents par de mauvais desseins. On voit souvent ces gens s'abaisser à de viles actions ou devenir agressifs quand leurs intérêts sont en jeu ou que les choses ne vont pas conformément à leurs souhaits.

Les hommes qui adhèrent à la religion ont un caractère ferme et résolu

Dans de telles sociétés, même si les gens semblent être forts individuellement, ils sont astreints à certaines limites. Face à certaines circonstances, ils ne peuvent surmonter leurs faiblesses. Même la personne connue pour la fermeté de ses principes peut les remettre en question si ses intérêts sont menacés. Sous la pression, dans l'adversité, en cas de difficulté ou de maladie, ou quand ils pensent qu'il n'y a personne à l'entour pour les condamner, il est probable que les gens n'observent pas de limites. Ils peuvent accepter de bon cœur les propositions attrayantes puisqu'il n'y a aucune raison de ne pas sacrifier leurs principes pour assouvir leurs désirs.

Comme nous l'avons vu, ce qui importe, ce n'est pas que l'on ait commis ou non ce genre de méfaits. Ce qui compte c'est qu'il n'y a rien qui empêche une personne qui néglige les valeurs de la religion de ne pas s'adonner à ses désirs égoïstes. Comme elle ne craint pas Dieu, une telle personne n'a pas la force de se conformer strictement à Sa volonté.

La situation est tout autre pour celui qui a une parfaite compréhension des principes islamiques. Rien ne brise sa résolution de faire ce qu'il pense être vrai. La principale raison en est sa profonde certitude de l'existence de Dieu. Il est conscient que Dieu voit, entend et sait tout ce qu'il cache dans son cœur et sent qu'il est toujours en présence de Dieu. Celui qui croit vraiment en Dieu a une personnalité et une volonté fortes, et observe scrupuleusement les lois divines. Il n'ose jamais commettre ce qui Lui déplait. Peu importe ce qui arrive, il montre une volonté inébranlable de se rapprocher de Dieu. Comme l'attestent ces versets:

Dans des maisons [des mosquées] qu'Allah a permis que l'on élève, et où Son Nom est invoqué; Le glorifient en elles matin et après-midi, des hommes que ni le négoce, ni le troc ne distraient de l'invocation d'Allah, de l'accomplissement de la Salat et de l'acquittement de la Zakat, et qui redoutent un jour où les cœurs seront bouleversés ainsi que les regards. Afin qu'Allah les récompense de la meilleure façon pour ce qu'ils ont fait [de bien]. Et Il leur ajoutera de Sa grâce. Allah attribue à qui Il veut sans compter. (Sourate an-Nur: 36-38)

La morale islamique purifie l'homme de l'égoïsme

Il n'est pas surprenant de constater que celui qui n'adhère pas aux valeurs de la religion ne pense souvent qu'à lui. C'est en réalité la condition sine qua non de la philosophie qu'il suit dans la vie. Le sens du sacrifice, la pitié et la bonne moralité sont des valeurs introduites par la religion; seule la religion veille à ce qu'on les prenne à cœur. Seuls ceux qui croient en Dieu et en la vie future et sont conscients qu'ils devront rendre compte de leurs actes peuvent faire preuve de cette perfection morale décrite par le Coran. C'est pour cela que dans le cas d'un mécréant il est improbable qu'il puisse avoir une attitude aussi exemplaire. De plus il ne serait pas juste qu'un mécréant dise: "Il y a tant de gens égoïstes sur terre, mais je n'en suis pas un." Car lorsqu'on n'adhère pas aux valeurs religieuses, on n'a pas d'autre choix que d'être égoïste. La raison de cet état de fait n'est pas différente de celle qui explique les autres types d'attitudes immorales: ne pas croire en l'existence de la vie future, ne pas croire que nos méfaits seront punis dans l'au-delà, et n'avoir aucune crainte de Dieu.

C'est ce qui explique que ceux qui vivent hors des limites de la religion poursuivent leurs seuls intérêts et ne se soucient pas des autres. Leurs principaux souhaits dans la vie sont d'être plus riches, de gravir les échelons, d'avoir un meilleur mode de vie… Pourvoir aux besoins des nécessiteux, des pauvres, des vieux ou agir pour le bien de la société sont les moindres de leurs soucis. Leur conception de la vie n'inclut pas le sens du sacrifice ou la vocation de faire le bien. L'attitude des gens autour d'eux n'est pas très différente de la leur, puisque l'indifférence est monnaie courante dans la société. Cette tendance générale soulage la conscience individuelle.

En bref, dans une société où les valeurs religieuses sont négligées, l'égoïsme est une réalité inévitable. Dieu attire notre attention sur ce penchant de l'homme dans le verset suivant:

… les âmes sont portées à la ladrerie. Mais si vous agissez en bien et vous êtes pieux... Allah est, certes, Parfaitement Connaisseur de ce que vous faites. (Sourate an-Nisa': 128)

Les gens égoïstes mettent en avant le bien-fondé de leur conception même dans les choses les plus banales. Peu importe ce dont les autres ont besoin, ou ce qu'ils veulent. Prenons l'exemple d'un voyageur debout dans un autobus: se sentant épuisé, l'égoïste cherchera coûte que coûte à prendre un siège abandonné, sans s'assurer qu'il n'y a pas à côté de lui une personne âgée ou malade, ou une femme qui aura besoin de se reposer. Malgré la présence d'autrui, le premier souci de l'égoïste consiste à prendre avantage de toutes les situations. Gagner son confort au détriment de celui des autres ne le dérange en rien. Il exige le calme quand il travaille, mais ne montre pas de respect pour le travail des autres. Son égoïsme se manifeste de diverses façons, aussi bien en privé qu'au travail.

Dans les sociétés mécréantes également, il y a des gens connus pour leur bon caractère. Ils peuvent être généreux envers les gens qui les entourent par exemple. Mais s'ils se comportent bien, ce n'est pas pour gagner l'approbation de Dieu mais pour avoir une réputation de vertu. Être loués, appréciés et avoir une bonne réputation autour d'eux, voilà en réalité ce qu'ils recherchent. Par ailleurs, les dons que ces gens accordent aux pauvres sont le plus souvent dérisoires par rapport à leurs revenus.

Les idéalistes aussi ont souvent le désir d'avoir des responsabilités ou de prendre la direction des affaires. Le but n'est pas d'obtenir l'agrément de Dieu ou de servir autrui. Ils se bornent à rechercher l'assouvissement de leurs désirs égoïstes, cherchant le moyen de gagner plus de prestige, une meilleure réputation et de consolider leur statut social. La plupart du temps, dès que leurs intérêts sont en danger, ils montrent leur vrai visage.

Dans les sociétés où les valeurs religieuses sont bafouées, ceux que l'on qualifie de généreux seront considérés comme des égoïstes si on compare leurs actions aux sacrifices consentis par les croyants. La notion d'abnégation chez les croyants revêt une signification totalement différente de celle que lui donnent les mécréants. Les croyants préfèrent pourvoir aux besoins d'autrui avant les leurs. Au plus profond d'eux-mêmes, ils souhaitent les meilleures choses à leurs frères et sœurs. Voici un passage qui décrit de façon éloquente la morale du Coran:

Ils donnent de la nourriture, malgré leur amour pour elle, aux pauvres, aux orphelins et aux captives. (Sourate al-Insan: 8)

Au nom de cette morale, les croyants combattent dans la voie de Dieu pour les hommes, les femmes et les enfants qui sont opprimés. (Sourate an-Nisa': 75)

Au lieu de penser seulement à leurs besoins, les croyants prennent en charge ceux d'autrui et se soucient du bien de tous. Cette parole du Prophète (pssl), "Par Celui qui détient mon âme entre Ses mains, un homme n'est pas croyant tant qu'il ne veut pas pour son frère ce qu'il veut pour lui-même." (Al-Bukhari, Muslim), reflète totalement la mentalité des croyants.

Chaque fois que les valeurs religieuses sont respectées, les relations sociales reposent sur l'abnégation, ce qui fait disparaître de nombreux problèmes.

La morale islamique entrave l'ambition mondaine

Seule la religion enseigne les concepts d'amour, de fraternité et de partage dans leur sens authentique, et c'est aussi la religion qui seule peut perpétuer ces notions. Cela est dû au fait que l'âme humaine est encline à l'avidité et aux désirs égoïstes. Puisqu'ils ne font pas de la vie future leur objectif premier, les gens qui sont étrangers aux valeurs religieuses s'efforcent de satisfaire leurs désirs insatiables tout au long de leur vie. Dieu fait le portrait d'un homme de ce genre dans ce verset:

… à qui J'ai donné des biens étendus, et des enfants qui lui tiennent toujours compagnie, pour qui aussi J'ai aplani toutes difficultés. Cependant, il convoite [de Moi] que Je lui donne davantage. (Sourate al-Muddaththir: 12-15)

Dans un environnement où les gens ne vivent pas selon les enseignements de la religion, les ambitions se résument à l'acquisition de biens et de l'argent. Une âpre compétition existe toujours entre les membres d'une telle société où chacun veut être le plus riche, le plus brillant, le plus beau, le plus populaire, le plus aimé. Ils ne peuvent pas supporter qu'un autre possède de belles et bonnes choses. Bien plus ils envient autrui et veulent posséder ce qu'ils ont. Même le fait de voir les autres perdre leurs biens suffit à les rendre heureux.

Cette avidité s'accompagne d'une philosophie de vie rudimentaire: ces gens ne voient pas en autrui un être créé par Dieu, doté d'une âme, mais une de ces créatures ordinaires dérivées des premiers primates et qui finira en un monceau de poussière. Selon cette même logique, puisque l'homme ne vit qu'une fois, il doit obtenir le meilleur de la vie et poursuivre cette ambition. Selon ce raisonnement pervers, il est insensé de vouloir aider autrui et exaucer leurs désirs. Il est certain que cette vision des choses entraîne l'homme dans un état dépressif.

Cette situation semble tristement banale et inévitable pour celui qui ignore les valeurs de la religion. Le fait est que cela plonge l'homme dans une vie de stress et de difficultés qui porte préjudice à l'âme humaine. C'est pourquoi les mécréants ne trouvent jamais la paix et le bonheur. Bien que légitimes, les désirs et les aspirations de l'homme sont sans fin car l'homme est créé pour la vie éternelle. Cette vie n'est qu'une épreuve spécialement conçue pour ne pas répondre à ces aspirations. Ceux qui n'arrivent pas à comprendre le secret essentiel de ce test, s'obstinent à assouvir leurs désirs dans ce monde et ressentent pour cette raison une insatisfaction constante. Sans jamais parvenir à un réel état de satisfaction, leur vie devient un cauchemar. Même dans l'aisance, ils souffrent de pauvreté. Ils ne trouvent aucun plaisir dans ce qu'ils possèdent et ils sont livrés au désespoir de ne pas posséder le reste. Cette torture spirituelle en un sens n'est que le prélude d'un supplice éternel.

La religion exhorte l'homme au partage. Les croyants sont frères et sœurs (Sourate at-Tawba: 71) et voir son frère posséder de belles choses rend le croyant heureux. Puisque chacun utilise ses dons et compétences pour la cause de Dieu, il règne entre eux un esprit de coopération, et de partage. Les individus conscients que l'homme est une création de Dieu, s'estiment les uns les autres et se traitent avec respect et bienveillance. Dans une telle société, on ne peut pas parler d'injustice sociale, de conflit, de désordre. Le propos suivant du Prophète (pssl), "La richesse ne consiste pas en l'abondance de biens, mais dans le contentement de ce qu'on a" (Al Bukhari, Muslim), explique l'origine de la paix qui habite le cœur des croyants.